EDITO

Où en est la Charte ?

Où   en   est   la Charte de la diversité en cette fin d’année 2011 ? De l’avis  unanime de ceux qui  suivent   l’évolution de  ce  contrat social pour la diversité   en   entreprise,  le bilan  –  six    ans   après  sa création  –  est  plutôt mitigé. Dans   quelle   mesure   les entreprises signataires (dont un  certain  nombre  dans  le Nord-Pas-de-Calais) ont-elles    effectivement      lutté contre les discriminations ? Quelles places ont été faites aux séniors, aux handicapés, aux femmes,   aux   minorités visibles,  aux   jeunes   dans leurs entreprises ?
Sur    les   deux    dernières années,   32 %   des entreprises   signataires  ont honoré  leurs  signatures  en 2011 contre 24 % seulement en 2010. Si monsieur Claude Bébéar,    l’ancien   président d’AXA   et  co-fondateur de la Charte  n’est pas  totalement satisfait  de   cette   avancée, c’est parce que, sans nier les progrès intervenus depuis sa création, il   voit  trottiner une locomotive à la place du TGV dont   il   avait  rêvé en 2005.
Si      ces     entreprises communiquent largement sur la signature    de    la Charte, c’est par contre silence radio sur   les   actions   concrètes découlant de leurs engagements.    La   récente parution   du   livre   de   Kag Sanoussi,  secrétaire général de   la  Charte de la diversité (« Le réflexe Sapiens ») nous    permettra   de revenir bientôt   et   largement  sur la question.

Dave Wilson (Novembre 2011)


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Bénin : faudrait-il s’inquiéter ?

En retrouvant en 1990, le processus démocratique perdu en 1972, suite à moult errements politiques des trois grands leaders de l’époque, le Bénin a fait la preuve de son attachement fondamental au pluralisme politique et aux valeurs républicaines qui s’y attachent. Mais, contrairement aux précédentes élections présidentielles ; celles de 1991, 1996, 2001 et 2006, celle de 2011 ne semblent pas se présenter sous de bonnes auspices. Les Béninois, de tous bords, à la remorque d’hommes politiques aux discours radicalisés font planer sur ces élections, comme un vent de menace. C’est à se demander si le perdant qu’il s’appelle Adrien Houngbédji ou Yayi Boni, reconnaîtra sportivement la victoire de l’autre. Car, c’est bien entre ces deux-là que se jouera la présente élection. Jamais, avant les élections de 2011, on a vécu tant d’animosités politiques, de haines et de scandales de toutes sortes. Mieux, dans un décor national rythmé par des combats physiques à l’Assemblée nationale, les frondes répétées des députés, les marches enflammées de soutien, les brutalités policières sélectives, le parti pris des médias d’Etat, les grèves sans fin, l’insécurité née d’incessants braquages et la disparition pure et simples de hauts fonctionnaires détenant des dossiers sensibles, il est permis de se demander où va la démocratie béninoise tant citée en Afrique comme un modèle du genre. Le plus inquiétant, ce sont les libertés que l’opposition dénonce comme étant contraires à l’orthodoxie parlementaire. Plus grave encore à mon sens, c’est de voir que c’est moins la CENA (Commission Electorale Nationale Autonome) que la Cour Constitutionnelle qui est devenue la vedette de nos institutions. Pour tous les Béninois, l’homme qui prêtera serment le 6 avril 2011 en qualité de Président de la République devra être désigné par les urnes et uniquement par les urnes. Il doit être clair pour certains qu’à trop vouloir jouer avec les allumettes, on peut provoquer des sinistres. Mais, la plupart des Béninois, qu’ils soient de la diaspora ou non, développent ce que j’appellerai le syndrome de la paix nécessaire. Ils restent presque tous ancrés dans l’idée que, malgré les coups bas, les antagonismes affichées et les menaces à peine voilées, les urnes apporteront l’apaisement indispensable à la remise en route des institutions, de l’économie et de la vie sociale. Voilà pourquoi le Bénin, pays du vaudoun et du savoir est aussi le pays de la palabre enflammée et des invectives qui aboutissent rarement au pire. A l’heure des irrédentismes, c’est notre vœu le plus cher.
Dave Wilson