EDITO

Où en est la Charte ?

Où   en   est   la Charte de la diversité en cette fin d’année 2011 ? De l’avis  unanime de ceux qui  suivent   l’évolution de  ce  contrat social pour la diversité   en   entreprise,  le bilan  –  six    ans   après  sa création  –  est  plutôt mitigé. Dans   quelle   mesure   les entreprises signataires (dont un  certain  nombre  dans  le Nord-Pas-de-Calais) ont-elles    effectivement      lutté contre les discriminations ? Quelles places ont été faites aux séniors, aux handicapés, aux femmes,   aux   minorités visibles,  aux   jeunes   dans leurs entreprises ?
Sur    les   deux    dernières années,   32 %   des entreprises   signataires  ont honoré  leurs  signatures  en 2011 contre 24 % seulement en 2010. Si monsieur Claude Bébéar,    l’ancien   président d’AXA   et  co-fondateur de la Charte  n’est pas  totalement satisfait  de   cette   avancée, c’est parce que, sans nier les progrès intervenus depuis sa création, il   voit  trottiner une locomotive à la place du TGV dont   il   avait  rêvé en 2005.
Si      ces     entreprises communiquent largement sur la signature    de    la Charte, c’est par contre silence radio sur   les   actions   concrètes découlant de leurs engagements.    La   récente parution   du   livre   de   Kag Sanoussi,  secrétaire général de   la  Charte de la diversité (« Le réflexe Sapiens ») nous    permettra   de revenir bientôt   et   largement  sur la question.

Dave Wilson (Novembre 2011)


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Notre Côte-d’Ivoire à tous !

Ils étaient prêts, l’un et l’autre à se montrer fairplay, une fois que les urnes auront parlé. Le face à face que l’on imaginait houleux et spectaculaire à cause de la fougue populiste de Laurent Gbagbo s’était terminé par une chaleureuse poignée de main, ponctuée d’une onctueuse embrassade. Chacun y voyait le prélude à une atmosphère politique détendue qui allait donner à la Côte d’Ivoire, un président prêt à se mettre enfin au travail. Aujourd’hui, ils sont tous les deux au pouvoir, installant en Côte d’Ivoire, une désastreuse concomitance présidentielle rappelant à quelques nuances près, le triumvirat dahoméen du Conseil présidentiel des années soixante-dix.

La détermination des deux camps qui – avec gouvernements et nominations tous azimuts – ont passé le cap de la simple revendication de la victoire, montre combien la Côte d’Ivoire est aujourd’hui dans l’impasse. Aucun pays au monde ne peut travailler sereinement dans de telles conditions. En marge des mille et une tractations visant à sortir le pouvoir ivoirien de cette inquiétante dualité, la question principale est la suivante : quelle issue à une telle confusion ? Le scénario le plus cruel, c’est la crainte des démons d’hier, dans un emballement guerrier qui ramènerait le pays trente ans en arrière. En effet, depuis une dizaine d’années, les marchands d’armes ont fait de très bonnes affaires en Côte d’Ivoire et la menace de sanglantes vengeances plane, telle une épée de Damoclès, non pas sur les politiciens avides de pouvoir, mais sur la population ivoirienne. L’autre solution, c’est la sortie pacifique de la crise politique. Elle n’est envisageable que si Laurent Gbagbo ou Alassane Ouattara, dans une déclaration solennelle, se retirait tout simplement au profit de l’autre, montrant ainsi la volonté de faire passer les intérêts de la Côte d’Ivoire avant des intérêts personnels.

Comment critiquer aujourd’hui les propos du représentant des Nations-Unies alors qu’on n’avait pas contesté sa présence en tant qu’observateur pour une élection transparente et sans tache où l’institution planétaire a dépensé des centaines de millions de francs ? Comment ne pas considérer la victoire d’Alassane Ouattara (version CEI) comme suspecte, quand on voit l’empressement et le plébiscite de l’Occident pour l’ancien premier ministre ? Alassane Dramane Ouattara est-il prêt à faire la preuve qu’il n’est pas qu’une simple marionnette aux mains de l’Occident prédateur ? Laurent Gbagbo devrait-il se contenter de la victoire proclamée du Conseil constitutionnel pour n’être que le Président de la moitié des Ivoiriens ?

Gbagbo ou Ouattara à la Présidence ne règlera pas d’un coup de baguette magique, les problèmes d’endettement du pays, du chômage aggravé, de l’insécurité qui va rebondir, des familles qui manquent de tout, des zones rurales privées d’électricité et d’eau potable. Chaque mandat s’expose au parcours du combattant. Et les combattants dont la Côte d’Ivoire a besoin de toute urgence, ce ne sont, ni ceux, armés jusqu’aux dents de Blé Goudé, ni ceux, prêts à en découdre du Général Soumaïla Bakayoko. La joute au sommet de l’Etat ivoirien doit s’employer à ne pas faire des victimes innocentes.
Dave Wilson (19/12/2010)