Septembre…
Septembre. Les vieux almanachs nous apprennent que c’est à cette période de l’année que les fruits tombent. Trop mûrs pour tenir au bout des branches. Aux caractéristiques d’antan, se sont ajoutées les urgences des temps modernes, rehaussées qu’à toute autre période de l’année. Plus angoissant encore que le lundi de la semaine, le septembre de l’année traîne son cortège d’impératifs et de stress : les rentrées scolaire et universitaire, les examens de rattrapages, la préparation des cours, les dépenses incontournables… C’est le mois de l’année où l’on prend la rentrée comme prétexte pour décliner les invitations, oublier ses promesses et justifier un manque de réactivité. C’est le mois-alibi de nos journées trop courtes où nous n’avons jamais le temps de tout faire.
En Afrique de l’ouest, septembre, c’est le mois qui annonce l’arrivée de l’harmattan, cet alizé chaud et sec qui souffle du Sahara vers l’Atlantique quand, dans le Nord de la France, le soleil qui n’est presque plus là, laisse pointer à l’horizon, les premiers frimas de l’automne. A 6000 kilomètres de distance, deux manifestations vont se côtoyer. Le 2e jeudi du mois de septembre, le peuple Mina-guin du Togo et du Bénin va fêter la 345e édition de la fête de la pierre sacrée (Kpessosso) qui invite au respect des valeurs culturelles et traditionnelles pour le bonheur de tous. Dans le Nord-Pas-de-Calais, les 4 et 5 septembre, a lieu la grande et inévitable messe de la braderie de Lille. On l’attend et on s’y prépare fébrilement.
Au-delà de la fête que représente la braderie de Lille, il y a le symbole qu’elle dégage en termes de diversités : diversité des articles bradés, diversités des langues et des cultures, diversité des peuples. L’accordéon y côtoie la kora, les moules se laissent enfumer par les merguez et le Ch’ti côtoient naturellement le Sénégalais, le Néerlandais ou l’Ivoirien. Ce jour-là, inutile de présenter ses excuses même quand on se marche sur les pieds. La braderie, c’est vraiment magique !
Dave Wilson.


