EDITO

Où en est la Charte ?

Où   en   est   la Charte de la diversité en cette fin d’année 2011 ? De l’avis  unanime de ceux qui  suivent   l’évolution de  ce  contrat social pour la diversité   en   entreprise,  le bilan  –  six    ans   après  sa création  –  est  plutôt mitigé. Dans   quelle   mesure   les entreprises signataires (dont un  certain  nombre  dans  le Nord-Pas-de-Calais) ont-elles    effectivement      lutté contre les discriminations ? Quelles places ont été faites aux séniors, aux handicapés, aux femmes,   aux   minorités visibles,  aux   jeunes   dans leurs entreprises ?
Sur    les   deux    dernières années,   32 %   des entreprises   signataires  ont honoré  leurs  signatures  en 2011 contre 24 % seulement en 2010. Si monsieur Claude Bébéar,    l’ancien   président d’AXA   et  co-fondateur de la Charte  n’est pas  totalement satisfait  de   cette   avancée, c’est parce que, sans nier les progrès intervenus depuis sa création, il   voit  trottiner une locomotive à la place du TGV dont   il   avait  rêvé en 2005.
Si      ces     entreprises communiquent largement sur la signature    de    la Charte, c’est par contre silence radio sur   les   actions   concrètes découlant de leurs engagements.    La   récente parution   du   livre   de   Kag Sanoussi,  secrétaire général de   la  Charte de la diversité (« Le réflexe Sapiens ») nous    permettra   de revenir bientôt   et   largement  sur la question.

Dave Wilson (Novembre 2011)


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 BENIN

ELECTIONS PRESIDENTIELLES

(par Dave Wilson)

Le Conseil des ministres extraordinaire du vendredi 7 décembre 2010 a fixé au dimanche 27 février, la date du premier des élections présidentielles au Bénin. Cette date a finalement été repoussée au 6 mars 2011. Le Conseil constitutionnel a retenu 14 candidats pour les élections présidentielles des 6 mars et 5 avril 2011.


 

Ce n’est pas du mépris pour les autres candidats que de placer ces trois figures des présidentielles béninoises en tête des prétendants. Yayi Boni est au pouvoir depuis 2006 et tient solidement les rênes du pays. Adrien Houngbédji, ancien exilé, ancien président de l’assemblée et ancien premier ministre est soutenu par l’essentiel des grands leaders politiques du pays. Abdoulaye Bio Tchané qui est persuadé de ne quitter la présidence de la BOAD (Banque Ouest-africaine de Développement) que pour la Présidence de la République, fait figure de dangereux outsider. S’il ne gagne pas, il fera gagner un autre et se positionnera comme un pion capital du damier politique béninois.

 

Le couple présidentiel sera-t-il reconduit ? Les partisans du Président Yayi Boni en sont persuadés qui vantent son bilan jugé désastreux par l’opposition la plus résolue, celle de l’UN (L’union fait la Nation) d’Adrien Houngbédji.

 

 


CANDIDATURES INVALIDEES
Adjovi Thierry
Ago Patrice
Badarou Yacouba
Capo Chichi Hermine
Egounkoukpe Lary
Gbaguidi D. Marcel
Noudjenoume Philippe
Loko François Xavier
Medrid Henri
Tobossou Louis

 

DISPOSITIONS DE LA LOI

Selon les dispositions de la loi portant règles particulières pour l’élection du président de la République au Bénin, « Nul ne peut être candidat aux fonctions de Président de la République s’il : - n’est de nationalité béninoise de naissance ou acquise depuis au moins dix (10) ans et n’est de bonne moralité et d’une grande probité »

De même précise la même source, tout postulant à la magistrature suprême doit également jouir d’un état complet de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège de trois médecins assermentés désignés par la Cour Constitutionnelle, et de tous ses droits civils et politiques

Selon la loi fondamentale béninoise du 11 décembre 1990, le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq (05) ans renouvelable une seule fois.

En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux (02) mandats présidentiels.

L’élection du Président de la République a lieu au scrutin uninominal majoritaire à deux (02) tours.

« Le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n’est pas obtenue au premier tour de scrutin, il est procédé, dans un délai de quinze (15) jours, à un second tour », précise la même source.


ADRIEN HOUNGBEDJI

 

C’est maintenant ou jamais. S’il ne gagne pas les présidentielles, il ne pourra plus se présenter si les termes de la Constitution qui limite à 70 ans au plus, l’âge des candidats. Au sein de l’UN (l’UNION FAIOT LA NATION), maître Adrien Houngbédji a su réunir plusieurs grands leaders politiques autour de son projet de société.

CE QU’IL PROPOSE

« Je veux…restaurer la crédibilité de l’Etat par une saine gestion des finances publiques. Je veux bannir les ordres de paiement qui contournent les procédures normales, limiter les marchés de gré à gré ainsi que les exonérations qui sont des sources de corruption (…) A force d’annoncer sur chaque chantier des milliards de dépenses, les caisses ont été vidées pour le plus grand malheur des populations. Nous nous retrouvons avec plus de 400 milliards de dettes envers ceux qui ont pris le risque de vendre des marchandises ou des services au gouvernement. Je m’engage à payer tous ces malheureux créanciers qui gémissent à l’intérieur de notre pays afin de garder le tissu social et économique, de relancer les ventes sur nos marchés et de préserver les emplois.

Avec le concours actifs des associations, nous quitterons le 172ème rang mondial pour le climat des affaires, afin d’aider nos chefs d’entreprises à être compétitifs et surtout afin d’attirer des partenaires étrangers qui voudront bien créer, dans notre pays, des emplois et des richesses (…) Nous avons décidé de procéder à des transferts de ressources. Nous avons décidé :

D’octroyer dès notre prise de fonction, un concours financier de UN MILLIARD FRANCS en moyenne à chacune de nos 77 communes. Cette somme s’ajoutant à leurs budgets respectifs, sera investi dans les secteurs compatibles avec leur plan de développement communal. Oui nous voulons et nous aurons : un village un puits (l’eau c’est la vie), un village une vraie route, un village une école ; un village un poteau électrique. Progressivement, mais sûrement !

Nous avons décidé d’octroyer aux communes à statut particulier (Cotonou, Porto-Novo et Parakou) une dotation complémentaire de 16 MILLIARDS à répartir entre elles en tenant compte de leur spécificité économique, démographique et administrative. Quant aux villes PGUD/2ème génération et assimilées, elles recevront une dotation complémentaire de 7 milliards à répartir.

Le marché DANTOKPA sera entièrement transféré à la compétence du Maire de Cotonou, conformément aux textes en vigueur. Nous construirons et équiperons au cours du quinquennat 3 grands lycées polytechniques, dotés d’un internat et dont les conditions d’accès en feront des creusets de l’unité nationale.

Enfin le monde évolue au rythme des TIC. C’est pourquoi nous mettrons en place un dispositif ambitieux permettant à notre jeunesse en formation d’évoluer au rythme de son temps.
(…) Notre ambition, c’est un étudiant, un ordinateur et un accès numérique sur tous les campus. Nous le ferons méthodiquement et progressivement, à partir de la prochaine rentrée ».

 


YAYI BONI

Yayi Boni veut cinq années de plus pour terminer le job. Il est clair que cette fois, il lui serait difficile de passer avec 75 pour cent des voix come ce fut le cas en 2006 quand les Béninois voulaient absolument un homme neuf pour balayer les oripeaux politiques du passé. Aujourd’hui, il doit compter avec deux redoutables adversaires (Adrien Houngbédji et Abdoulaye Bio Tchané) sans compter des candidatures croche-pattes comme celle du Dr Kessilé Tchalla qui engrange de nombreux supporters dans la dernière ligne droite.


Yayi Boni :


En réponse à la situation déplorable créée par les structures illégales de collecte de l’épargne et de placement de fonds, j’ai pris des mesures hardies pour mettre un terme aux activités illicites et
immorales des fraudeurs et me suis employé avec l’appui de mon Gouvernement à faire réparer par les auteurs, les préjudices financiers causés aux populations. Les actions menées ont déjà permis
de faire rembourser à 63 000 épargnants un montant de plus de 6 milliards de FCFA. Si je suis élu, je renforcerai le dispositif actuellement à pied d’œuvre afin de contraindre les structures illégales à restituer les fonds indument perçus. J’en ferai alors une grande priorité dès le début du deuxième mandat sollicité et je renforcerai le rôle de facilitateur du Gouvernement dans le dénouement
de la crise des structures illégales de placement de fonds. (...)

Aucun défi n’est plus urgent que l’instauration de la culture de la transparence, de l’intégrité, de l’obligation de résultat et de la responsabilité. L’enjeu, la crédibilité de notre pays dans le concert
des Nations, c’est la bonne gouvernance. Nous sommes condamnés à cultiver toutes ces vertus et le moment est venu plus que jamais d’agir (...)

En conséquence, le travail qui reste à faire est encore important. La nouvelle gouvernance doit prendre impérativement en compte, dans toutes les régions de notre pays, les nombreuses familles et communautés qui n’ont encore aucun motif satisfaisant d’appartenance à notre Nation, qui ne tirent encore aucun avantage infrastructurel de leur Etat et vivent sans eau potable, sans école, sans centre de santé, sans électricité, sans logement décent, sans pistes carrossables, sans marchés, sans aucune marque de la solidarité nationale (…).

La révision de la Constitution est envisagée dans le sens du renforcement de l’Etat de droit et des bases légales de notre système démocratique, en vue d’instituer un Etat plus juste, équitable, fondé sur le respect des libertés démocratiques et sur les valeurs citoyennes en même temps qu’elle valorise une plus grande participation des populations au processus de prise de décision notamment dans l’élaboration des normes législatives. Elle renforcera les attributs des institutions de contre-pouvoir en offrant la possibilité de conduire un train de réformes en vue d’une meilleure gouvernance des affaires démocratiques, politiques et sociales.

Ma vision appelle la refondation de la République sur laquelle j’engagerai de grandes réflexions avec toutes les composantes de la Nation, une Nouvelle République, dans laquelle les pouvoirs s’équilibrent et les institutions convergent dans leurs efforts vers la satisfaction des besoins essentiels du peuple. Cette Nouvelle République qui opte de façon déterminée pour la prospérité, l’émergence économique et le perfectionnement intellectuel et moral de ses fils.

Ma conviction est que la Nouvelle République fera germer la Nation émergente qui constitue notre rêve. Car, il s’agit de l’approfondissement du processus du changement que nous avons déclenché en 2006. Les difficultés de notre pays sur le chemin de l’émergence requièrent, en effet, plus que des réformes sectorielles ou structurelles, un changement plus poussé, profond et accéléré. Il s’agit d’aller plus loin et de façon efficace !

Le processus de refondation doit toucher aussi le système partisan de notre pays. L’obligation constitutionnelle doit être faite aux partis politiques de s’organiser autour d’un projet de société propice au développement humain durable ; à la bonne gouvernance et à la lutte contre la corruption. Il convient également de garantir par la Constitution le statut de l’opposition en tant que pilier essentiel de la démocratie.

Par ailleurs, la charte des partis politiques sera revue pour renforcer leur envergure populaire et nationale ; en d’autres termes, le parti politique doit être représentatif des différentes couches et composantes de la Nation et être présent dans les différentes régions de notre pays et avoir une vision nationale de vivre collectif.

Les réformes que je propose font obligation d’introduire des modifications dans la Constitution visant à doter notre pays d’un code électoral pour donner un ensemble cohérent et structuré aux lois électorales afin d’éviter non seulement la transhumance politique mais aussi toute modification des lois électorales à la veille ou à l’occasion de chaque élection. C’est un devoir de salubrité publique et de préservation de la paix que de répondre à l’urgence de la «refondation » de notre système électoral qui est permissif au point de transformer les consultations électorales en d’éprouvantes angoisses pour le peuple.

 


LE DR KESSILE TCHALLA SARE

 

Le 21 octobre 2008, alors qu’il attendait de rencontrer le Chef de l’Etat afin de lui présenter un dossier, c’est la bande passante d’une chaîne de télévision installé dans les salons du Palais qui lui apprend qu’il est éjecté du gouvernement. La méthode s’apparente à une véritable humiliation. C’est le mot qu’il utilisera pour qualifier l’offense à son poste et à sa réputation. Venant de celui qu’il a aidé, cornaqué et soutenu financièrement, le geste est inadmissible. C’est que, en politique, il faut s’attendre à tout quand, une fois au pouvoir, les hommes changent, oubliant qu’ils ont eu des amis d’enfance talentueux, des compagnons de route auxquels ils se référaient quand il était question de refaire le monde en parlant du pays, de leurs ambitions, de leurs espoirs. Yayi Boni, sous prétexte que certains dossiers n’avançaient pas au ministère de la santé, s’est comporté avec le Dr Kessilé comme un maître avec son laquais. Par cet homme qui aime son pays par-dessus tout, organisant un mémorable téléthon contre le choléra, bouclant le dossier de la construction d’un grand hôpital à Glodjigbé et menant une politique tous azimuts d’équipement des pôles santé du pays a été profondément touché dans son amour-propre.

 

Le trio qui a préparé et gagné les présidentielles de 2006. Le premier, Kogui Issifou N’Douro est ministre tout-puissant de la Défense depuis l’élection du Président Yayi Boni. Alors qu’il était encore un des cadres éminents de l’Agence de la Francophonie à Paris, c’était lui le chef d’orchestre de ce trio qui a efficacement travaillé pour l’élection de Yayi Boni. Cousin du Président, Kogui Issifou est un discret qui sait le rôle qui fut celui du Dr Kessilé Tchalla qui n’épargna aucun effort – et en particulier financier – pour aider Yayi Boni. Pour avoir été au collège avec Kogui Issifou et après avoir fait la connaissance de l’éminent médecin lors d’une interview à l’hôpital Tenon à Paris, j’ai suivi pas à pas l’évolution d’un trio qui avait failli devenir un quatuor. Ce qu’il faut dire, c’est qu’une dizaine d’années avant que Yayi Boni ne devienne Président de la République, Kogui Issifou en était déjà persuadé. Son mérite fut d’y croire jusqu’au bout, réussissant au passage, la prouesse de convertir complètement le Dr Kessiké qui nourrissait de son côté – comme il me l’avait confié à l’époque – le rêve de faire d’un petit pays, une grande nation. C’est chez lui que se tenaient les réunions préparées par Kogui Issifou devenu depuis, l’homme des missions secrètes et délicates de Yayi Boni. Que s’ést-il réellement passé entre les trois hommes ? Il est en tout cas surprenant que Kogui Issifou qui a l’art d’arrondir les angles n’est pas réussi à rapprocher de nouveau ses deux amis. La blessure endurée et l’humiliation subie par le docteur Kessilé devrait expliquer sa candidature aux présidentielles et partant, la rupture en les deux hommes. Quand on voit la façon dont le président Yayi Boni s’est débarrassé de son principal soutien, on peut comprendre que ceux qui croient aux promesses des amis devenus hommes de pouvoir, ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes d’avoir cru aux belles paroles.

Chassé du gouvernement sans aucune explication, le docteur s’est terré dans un long et énigmatique silence. Aucune interview, aucune apparition en public. Entretemps, prenant sûrement la mesure de son acte, le Président de la République suggère une réconciliation avec son ex-mentor. Le mal était fait. Le 20 janvier 2011, Késsilé Tchalla rompt le silence au cours d’une émission (« Zone franche » de Canal 3) pour réaffirmer que dans son ministère, en rien mêlé aux multiples scandales financiers qui courent dans le pays, a été géré avec « la sincérité et l’honnêteté » qui le caractérise. On se souvient de l’attaque portée contre lui par un ancien porte-parole du gouvernement (Victor Tokpanou), attribuant à Kessilé Tchalla, la co-signature (avec l’ancien ministre de l’Economie et des Finances Souley Mama Lawani) d’une prime dite « prime de risque des agents de santé ». Au cours de cette intervention télévisée,

Le Dr Kessilé parle de son projet

 

« C’est un projet bâti déjà sur la définition originelle du Bénin autrefois Danhomè. Un Etat né de la nécessité de desservir l’empire français du, Soudan, du Mali, de la Haute Volta, du Tchad et rejoindre la méditerranée. Donc c’est un Etat de transit. Autrement dit en thème moderne, c’est un Etat prestataire de service. C’est çà le destin du Bénin. Et pour être prestataire de service, aussi bien en santé, en enseignement, en éducation, en service portuaire et aéroportuaire, en informatique, en agriculture, il faut être sérieux, préparer son pays pour l’accueil, modifier des lois, les adapter pour un business où l’homme riche sera heureux de déposer son argent et de le faire prospérer chez nous. C’est à partir de cette considération que nous allons développer notre pays et c’est possible. Du point de vue santé, le grand projet quasiment prêt est le pôle de santé d'excellence dont le coût avoisine un milliard de dollar, un aéroport international sécurisé qui autrement dit serait une sorte de second aéroport international de Lagos et la mesure qui semble spectaculaire mais nécessaire, c’est le transfert des structures administratives, gouvernementales dans la capitale, Porto-Novo, de façon à permettre au port une activité ample. Regardez comment les poids lourds jonchent la chaussée certaines nuits, les voies d’accès au port sont complètement engluées par l’activité du palais présidentiel. La ville de Cotonou étouffe et il faut lui donner la respiration. Cotonou est une ville économique. Son âme, c’est l’économie et il faut retourner à César que ce qui est à César. C’est-à-dire à Porto-Novo ses attributs de capitale. Donc sur plusieurs années, il faut rêver d’une capitale qui sera adaptée aux exigences modernes et prévue pour des siècles, taillée avec une étude statutaire de la géographie en tenant compte de son sous-sol qui est un bon sous-sol. Tout cela sera entrepris. Nous n’aurons certainement pas dans un premier temps à construire de nouveaux bâtiments. Le gouvernement va pouvoir s’adapter avec ce qui existe et lorsque nos compétences financières le permettront, ceci sera fait. Il y a sur le plan agricole, il n’est pas concevable que le Bénin importe les denrées alimentaires, enfin, limiter cela au strict minimum parce que nous avons la chance d’avoir des cours d’eau et de grands espaces. Il faut considérer que chaque goutte d’eau que le ciel nous envoie et qui se jette dans la mer est un gâchis. Des retenus d’eau pour des cultures de contre saison, introduire une agriculture de qualité, bio qui pourra être exploitée aussi bien par la sous-région que pourquoi pas dans les pays développés. Le dragage de nos lagunes, de nos rivières, de façon à permettre une pisciculture, également une exploitation et consommation locale. Enfin, je ne peux pas tous vous étaler. Ce sont les grands mots. Je crois surtout à ce que notre équipe va mener, c’est l’état d’esprit. Je crois sincèrement que être pauvre ou riche c’est un état d’esprit. L’esprit sera tourné vers le développement. Et ce qui semble être un désespoir sera un espoir. Ce qui semble être une souffrance sera une expérience. Et la moralisation de la gestion publique est nécessaire, l’équité à juste titre, la parole donnée. L’Etat devra retrouver sa respectabilité avec le respect de ses engagements. Un exemple, toutes les transactions de l’Etat doivent avoir une traçabilité. L’Etat ne peut pas régler ses factures avec de l’argent liquide. Il faut que ce soit avec des chèques. Il faut pouvoir donner à tout observateur aussi bien national qu’international la certitude d’une gestion transparente. On pourra passer toute la journée sur ce programme, on ne finira pas. Mais comme vous l’avez dans le détail, un prospectus va vous le présenter sous peu.

Comment comptez-vous mobiliser autant d’argent pour réaliser ce projet ?

Dans le secteur de la santé, il faut retenir une chose. J’avis eu à dire au cours de mon émission que l’un des 99 noms de l’Eternel c’est le traitant. Soigner, c’est une forme de prière. C’est accomplir une œuvre de Dieu. Des institutions internationales, des hommes riches à l’échelle internationale, dès lors qu’ils se rendent compte qu’il y a une équipe honnête, sérieuse, intègre, n’hésiteront pas à venir en aide pour des œuvres de soins. C’est dans la qualité de l’homme que nous devons être que se trouve la solution des investissements à la santé. Il n’y a pas d’autres secrets. Lorsque le Président Bush est passé au Bénin et que nous l’avons présenté ce projet de pôle d’excellence en santé, sa réponse a été celle-ci : « voilà des choses qu’il faut me demander. Quand nous avons la certitude que l’argent envoyé ne sert pas à construire un palais et à entretenir des maîtresses, nous l’envoyons ». Et il a tenu parole. C’est nous qui n’avons pas été à la hauteur.
(La Nouvelle Tribune – 1è février 2011)

 

JANVIER YAHOUEDEHOU

 


« Je vais diriger le Bénin en toute dignité »

Il y a des candidats qui vont aux élections, non pas pour gagner, mais pour empêcher quelqu’un d’autre de gagner. C’est le cas de Janvier Yahouedehou qui ne fait pourtant pas mystère de sa volonté de « diriger le Bénin en toute dignité ». Pourfendeur sans peur du régime de Mathieu Kérékou dont il a dressé le pire des portraits, Janvier Yahouédéhou avait applaudi à l’avènement au pouvoir de Yayi Boni en 2006. Cinq ans plus tard, le député anti-corruption a décidé d’être candidat aux élections présidentielles du 27 février 2011. La déception de Janvier Yahouédéhou semble telle que seule une telle initiative pouvait lui permettre d’enlever du Palais, l’homme qu’il avait pourtant soutenu dans l’euphorie du changement. Dans son discours de candidature prononcé le 22 janvier dans la commune de Zakpota, a été, on ne peut plus clair : « En 2005, Il a été établi que notre pays perdait environ 30% de ses revenus à travers les mailles de la corruption ; C’était avant 2006. Aujourd’hui et depuis 2006, C’est la descente aux enfers. J’ai personnellement dépouillé les dossiers des différents chantiers liés aux investissements publics. Chers amis, depuis 2006, l’expression « Appel d’Offre » a disparu du jargon de l’administration. Ce qui devrait être une exception est devenu la règle. Presque 100% des marchés publics sont passés de gré à gré ». Pourquoi brigue-t-il la magistrature suprême ? « Face à vos sollicitations diverses je réponds OUI, je suis candidat aux élections présidentielles de février 2011. OUI Je vais diriger le Bénin en toute dignité à partir du 6 avril 2011 ». Mais, tous les observateurs savent que celui qui ne parle jamais sans des chiffres précis à l’appui ne va manifestement pas aux élections pour les gagner. Il y va pour empêcher Yayi Boni de rempiler.

CE QU’IL PROPOSE :

Rien qu’avec les centaines de milliards détournés par an,
Assurer la réalisation effective de l’autoroute reliant Cotonou à Bohicon ;
Nous trouverons les ressources pour réfectionner moderniser et étendre les Chemins de fer de Cotonou jusqu’au Niger, en passant par le Zou bien sûr ! Avec des locomotives modernes et neuves !

Nous trouverons les ressources pour la réalisation d’un grand marché de type international à Bohicon qui est un grand carrefour !
Nous trouverons les ressources pour former nos étudiants dans de meilleures conditions
nous trouverons les ressources pour libérer les énergies de la jeunesse et créer des emplois
nous trouverons les ressources pour assurer un dialogue social agissant avec les travailleurs
nous trouverons les ressources pour libérer les élans aux initiatives privées
nous trouverons les ressources pour promouvoir les hommes d’affaires et créateurs d’emplois
nous trouverons les ressources pour construire des écoles et accompagner l’enseignement comme un droit de tous les citoyens quel que soit leur condition sociale
nous trouverons les ressources pour construire des centres de santé et accompagner les soins de santé comme un droit de tous les citoyens quel que soit leur condition sociale
nous trouverons les ressources pour bitumer les principales voies, routes et pistes afin de faciliter le commerce à travers l’écoulement des productions locales
nous trouverons les ressources pour électrifier les principales localités
nous trouverons les ressources pour accompagner le développement de l’agriculture, et de la petite entreprise
nous trouverons les ressources pour accompagner nos artistes et promouvoir nos cultures endogènes
nous trouverons les ressources pour libérer et protéger la parole
Etc.

Chers frères et sœurs, J’y crois et j’y travaillerai.

La liste n’est pas exhaustive, mais un domaine important de notre économie me préoccupe. Il s’agit du secteur informel. Je pense à nos braves femmes, nos braves artisans, menuisiers, peintres, maçons, jardiniers, mécaniciens, chauffeurs, zémidjans etc. Je tiens ici, à leur dire toute ma compassion pour la plus grande escroquerie dont ils ont été victimes. Les pauvres, c’est eux qui s’échinent tous les jours pour des miettes et au lieu qu’on leur apporte une contribution afin de les soulager, les organiser, les accompagner pour bâtir une économie forte et prospère, le gouvernement dit du changement et son chef ont choisi avec leurs complices de la pègre internationale de les déposséder et de les ruiner à jamais. Au total, selon les chiffres annoncés par le gouvernement, plus de 156 milliards ont été détournés par ICC-Services et consorts. Mais la réalité est encore plus triste. Elle est très loin des 156 milliards des pauvres béninois dépouillés jusqu’aux os. L’économie béninoise qui est à plus de 60% informelle est par terre et le pays avec. Quelle tristesse ! Ils ont besoin, tous ceux-là qui ont aidé, encouragé et protéger les voleurs d’une correction parfaite à travers les urnes le 27 février 2011 afin que le Bénin et tous ses fils débout, puissent chanter en cœur tous ensemble l’Aube nouvelle.


En 2006, nous avons commis une erreur grave en choisissant Yayi Boni. Aujourd’hui plus d’aventure. Nous n’avons plus le droit de nous tromper. Vous me connaissez. Je vous connais. Vous pouvez me faire confiance.

 

ABDOULAYE BIO TCHANE


La finesse politique

Souvent placé dans le trio de tête des candidats à la présidentielle, ABT n’est manifestement pas le mieux placé pour l’emporter, sauf peut-être s’il réussit à se positionner pour le second tour. En effet, il doit faire face à la redoutable armada de l’Union fait la Nation et à la machine gouvernementale à qui l’on prête les moyens de se maintenir au pouvoir pour cinq années de plus. Cependant, la candidature d’ABT est un danger pour Adrien Houngbédji et Yayi Boni car c’est une candidature de rognage de voix, tant dans le Nord que dans le sud où l’homme compte de nombreux admirateurs. Il n’est pas surprenant de constater combien certaines pressions (venues notamment de Paris) faillirent pousser ABT à renoncer à la candidature. Mais, celles de ses amis et soutiens proches lui firent entrevoir le signe du destin qui pourrait l’installer dans le fauteuil présidentiel comme ce fut le cas pour Nicéphore Soglo le technocrate et Yayi Boni ler banquier.

Il est clair aujourd’hui qu’ABT sait qu’il ne va pas balayer ses deux plus gros adversaires, mais il sait aussi que rien ne se fera sans lui. Avec 8 ou 12, voire 22 pour cent des voix, il deviendra le faiseur de roi. Quand on voit la nature pourrie des relations entre le Chef de l’Etat et lui, on peut imaginer à quel candidat il offrira les voix de ses électeurs du premier tour. Et c’est qu’apparaît la finesse politique d’Abdoulaye Bio Tchané dont nous tirons cet extrait de son discours d’annonce : « Les grandes réformes à entreprendre n’occulteront pas je vous le promets, le régime politique de type présidentiel consacré par la Constitution du 11 Décembre 1990. L’expérience des pays de la sous-région, notamment de notre grand voisin et même la pratique au Bénin ces 20 dernières années, enseignent qu’il est indispensable que chaque partie du territoire national se sente convié à participer à la gestion du pouvoir politique. Ainsi, tout en préservant le caractère présidentiel du régime, je m’emploierai à l’instauration d’un poste de premier ministre auquel de réels pouvoirs seront décernés pour la conduite efficiente de l’action du gouvernement et de sa coordination ».

Un poste de Premier ministre ? Abdoulaye Bio Tchané y tient et dans le cas où il appellerait à voter au 2e tour pour Adrien Houngbédji, c’est ce qu’il lui imposerait. Mieux, le candidat de l’Union fait la Nation sera tenu de signer pour une telle éventualité avant qu’ABT ne fasse campagne pour l’avocat de l’Ouémé. Si celui-ci l’emporte sur Yayi Boni, il ne devra pas trop hésiter à accepter la proposition d’ABT, car il sait bien que dans un régime ultra présidentiel, le vrai chef de l’Exécutif, ce n’est pas le premier ministre, mais, le Chef de l’Etat qui décide de tout. Malmené et méprisé comme il le fut quand il imposa pratiquement à Mathieu Kérékou d’être son Premier ministre, il pourrait à son tour faire d’un premier ministre, un beau fusible.
DW


CE QU’IL PROPOSE :

En outre, j’aimerais féliciter mes amis de la presse pour le rôle combien déterminant qu’ils ont joué dans l’éclosion de l’ère démocratique au BENIN et son évolution depuis. Ceci nous oblige à leur restituer, avec de réels attributs et accompagnements, la place de quatrième (4ème) pouvoir qui leur revient de plein droit.

Pour ce faire, je m’engage à dépénaliser les délits de presse, libéraliser l’accès aux fréquences radio, démocratiser l’accès à la télévision et enfin, vulgariser l’accès à l’Internet, en particulier dans les universités.

C’est seulement ainsi, à mon humble avis, que nous améliorerons substantiellement notre position dans le classement mondial des libertés de la presse, où nous avons considérablement reculé.

Nous investirons, pour la réhabilitation et la construction d’infrastructures scolaires ; nous investirons dans la création de 2 universités pour décongestionner les 2 universités actuelles, qui elles-mêmes seront réhabilitées. Dans le même temps, nous ferons de la revalorisation de la fonction d’enseignant une priorité, en insistant notamment sur la rémunération et la place de l’enseignant dans la société béninoise.


En outre, j’aimerais féliciter mes amis de la presse pour le rôle combien déterminant qu’ils ont joué dans l’éclosion de l’ère démocratique au BENIN et son évolution depuis. Ceci nous oblige à leur restituer, avec de réels attributs et accompagnements, la place de quatrième (4ème) pouvoir qui leur revient de plein droit.

Pour ce faire, je m’engage à dépénaliser les délits de presse, libéraliser l’accès aux fréquences radio, démocratiser l’accès à la télévision et enfin, vulgariser l’accès à l’Internet, en particulier dans les universités.

C’est seulement ainsi, à mon humble avis, que nous améliorerons substantiellement notre position dans le classement mondial des libertés de la presse, où nous avons considérablement reculé.

Toujours à nos jeunes, je promets la création d’un fonds national du sport, doté de 50 milliards de francs sur le quinquennat, pour la promotion du sport de masse et d’élite. Nous construirons des stades dans les quatre chefs-lieux de départements qui n’en n’ont pas ; nous ferons la promotion du sport d’élite et nous promettons que dans les cinq ans qui viennent, le Bénin sera fièrement représenté par des équipes compétitives pour les coupes africaines et les coupes mondiales.
A Fadairo et à mes amis artistes béninois si créatifs, si entreprenants et si optimistes, je m’engage à renforcer le budget de la culture pour faire des services culturels un axe de notre économie au sein de cette économie de services que j’entends promouvoir pour que notre culture reluise sur la scène internationale et que nos artistes puissent enfin vivre de leur art. Je porterai à 2 milliards par an, la subvention à la culture et nous investirons 20 milliards au cours du quinquennat, pour la construction d’une école des arts, d’un grand théâtre national et la rénovation des palais royaux. Et pour associer davantage le secteur privé, je ferai voter une loi ambitieuse sur le mécénat culturel et sportif. Dans le même ordre d’idées, je créerai un fonds de l’artisanat doté de 20 milliards pour relancer l’artisanat béninois et le mettre sur le marché mondial.


LE CULOT DE VICTOR TOKPANOU

 

Il se dit que le juriste Victor Tokpanou, ancien ministre de Yayi Boni, sera investi candidat aux présidentielles du 27 février. Cet homme avisé qui « a la tête bien plantée sur les épaules » présente l’avantage d’avoir quitté le gouvernement avant les scandales qui ont terni l’image du pays. L’homme est cultivé, mais, comme le dit si bien un confrère « la seule culture peut-elle fabriquer une bête politique » ? Ce que certains confrères retiennent de lui, c’est l’énergie qu’il mis, du temps où il était dans l’Exécutif, à s’attirer les bonnes grâces des médias, leur assurant la main sur le cœur, l’accès facile aux sources d’informations officielles. Mais pourquoi a-t-il été débarqué du gouvernement alors qu’il en était l’un des plus percutants exégètes ? C’est, dit-on, l’entourage du Président, et plus particulièrement le camp des durs qui n’appréciaient pas sa propension à la tolérance et au dialogue avec tous qui firent pression pour l’écarter. Il est clair que Victor Tokpanou à qui il fut reproché la lenteur de traitement de certains dossier au ministère de la Justice, quitta son poste avec le sentiment de n’avoir pas fauté. Comme beaucoup d’autres ministres qui, depuis 2006, ont été éjecté du gouvernement sans trop comprendre pourquoi. Ce que d’aucuns ont appelé de l’amertume ne se serait-elle pas mué en volonté de vengeance politique ? Ce qui est certain aujourd’hui, c’est la détermination de l’ancien porte-parole du gouvernement et ministre d’en découdre dans les urnes avec son ancien Chef. Victor Tokpanou ne sera sûrement pas élu président de la République, mais, comme on l’entend dire de plus « il faut compter avec lui ».

 

LE SAUT A PIEDS JOINTS DE JOACHIM DAHISSIHO

 

 

Considéré comme un homme intelligent et intègre, l’ancien chef d’arrondissement, opérateur économique avisé et député de Bohicon, l’honorable Joachim Dahissiho vient de passer brusquement dans le camp présidentiel qu’il a passé presque cinq années à pourfendre. Ce passage à l’ennemi est d’autant plus déstabilisant pour l’opposition qu’il va faire basculer la CENA (Commission Electorale Nationale Informatisée) dans le camp du pouvoir en place.

Littéralement plébiscité en 2003 par les populations de Bohicon, il devint conseiller et chef d’arrondissement. Depuis, il n’a cessé d’aller de l’avant, se faisant apprécier pour « sa vision » du développement de son pays et pour son horreur pour l’injustice. A la suite d’une campagne-éclair (on le disait malade), il réussit à se faire élire (à la surprise générale) député de la 5è législature après les législatives de 2007 sur la liste de l’UNDP (Union .
En raison de mon éducation, disait-il à un journaliste et de mon attachement aux préoccupations du peuple Béninois, j’ai voulu me soustraire à tout combat qui souille les valeurs morales, la médisance et la trahison ». Ces propos étaient consécutifs à son retrait en juillet 2009, du groupement dit G13 de l’opposition. Autant on est surpris par son départ actuel de l’opposition qui fragilise l’Union fait la Nation, autant sa démission du G13 avait été imprévisible. Il répliquera que le G13 avait rempli sa mission et qu’il ne lui était plus possible d’exister au sein d’un groupe où les intérêts particuliers l’emportaient sur ceux du pays. Si cet homme qu’on affuble de toutes les qualités (humilité, efficacité, simplicité…) a brutalement choisi de faire passer le CENA de l’opposition à la majorité présidentielle, ce n’est sûrement pas sans raison. Aurait-il été « acheté » comme c’est de coutume en politique pour mettre tous les atouts de son côté ? En d’autres termes, l’aurait-on aider à basculer ? Que lui a-t-on promis, s’étrangle un supporter de l’Union fait la Nation.
Dans un contexte politique où la mainmise sur les structures d’élection est susceptible d’influer sur leurs résultats ou de les orienter, le geste politique de Dahissiho prend une importance particulière. Il a de ce fait, fait à la une des journaux et beaucoup lui expliquent que dans la vie, tout est possible ; à savoir qu’il peut tranquillement revenir sur sa décision. Comme on le voit, Joachim Dahissiho – l’homme souriant – est en train d’ébranler l’opposition et de conforter Yayi Boni dans l’espoir qu’il entretient de continuer pour cinq années de plus, à la tête du pays.


BIOKOU Salomon Joseph Ahissou

 

JBS comme on l’appelle couramment, est pilote de ligne. Il porte un nom célèbre, celui de son père, le centenaire Biokou Salomon, Grand chancelier de l’Ordre Nationale du Bénin, décédé en 2010 à l’âge de 103 ans. Candidat indépendant, JBS se veut proche du bas-peuple.


DAYORI Antoine

 

L’ancien chef du personnel puis directeur de la de la SONAPRA Société Nationale pour la Promotion Agricole) devenu ministre de la Culture, a choisi de franchi le pas pour se donner une étoffe politique. Etait-il prêt à se lancer dans une rude campagne présidentielle ? On peut croire que non, puisque le 27 février, il a préféré se retirer de la course en faveur d’Abdoulaye Bio Tchané qui récupère ainsi un fief de plus (Tanguiéta, Matéri et Boukombé). Ce ralliement ressemble fort à une tentative d’étranglement de Yayi Boni dans le Nord où l’opposition prend de l’ampleur avec, entre autres, Abdoulaye Bio Tchané, Kouagou MPo Cyr, le Dr Kessilé Tchalla.


ISSA Salifou

 

Le garçon est jeune, riche, enviée et courtisée. Acteur économique efficace, le député et chef du groupe parlementaire G13 ne baigne pas dans l’intellectualisme stérile. C’est un personnage dynamique et plein d’idées qui s’est entouré de cadres avertis, capables de défendre son programme et sa vision pour un Bénin économiquement fort et socialement développé, un peu à l’image de ses entreprises. Les Béninois savent que Saley (comme on l’appelle) a les moyens de vendre ses idées. En effet, il possède un groupe médiatique capable de relayer son discours auprès des électeurs. Ses problèmes avec la justice française influenceront-ils le vote de ses électeurs ? Pas sûr.


DISCOURS D’INVESTITURE SALI FOU ISSA

Un adage bien de chez nous dit : " si tu avances tu meurs, si tu recules tu meurs. Alors pourquoi reculer ? "
Chers mères et pères, Chers sœurs et frères, Mesdames et Messieurs, nous étions réunis en congrès de l’UPR à Abomey, dans le Zou, Département natal de ma mère la semaine dernière. C’est donc avec bonheur que je vous accueille aujourd’hui à Kandi, dans l’Alibori, Département natal de mon père. Mes chers parents, mes chers amis, l’avenir de notre pays se construit aujourd’hui. En réponse à vos attentes et la demande du congrès de l’UPR, je réponds OUI à la candidature en vous assurant de mener avec vous ce combat passionnant de la conquête du pouvoir. Votre avenir, notre avenir c’est d’avoir ’assurance d’une vie meilleure, d’un quotidien meilleur. Qu’on soit fils de pauvre ou de riche, du Nord ou du Sud. Quelque soit notre niveau de vie actuel et l’endroit où nous habitons sur le territoire national. Pour cela nous devons restaurer nos valeurs sociales. C’est pour cette raison que je m’engage, à vos côtés. Pour être le porte• flambeau d’un Bénin démocratiquement rassuré, de Béninois assurés d’un revenu décent.

Disons-nous la vérité. Notre pays va mal. Le Bénin est malade, les Béninois souffrent. Mes chères sœurs et mes chers frères. Allons-nous regarder sans rien faire ? Et attendre que nos enfants nous accusent de n’avoir rien fait pour assurer leur avenir ? Non ! Non ! Et encore Non ! Un savant disait : " le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire ". Pour assurer au Bénin un avenir qui commence dès aujourd’hui, je formule sept grandes propositions :

Équilibrer le pouvoir des institutions républicaines ;
Revaloriser nos traditions
Impulser une dynamique d’auto-emploi ;
Développer l’implantation des énergies renouvelables ;
Instaurer une démocratie participative communautaire ;
S’appuyer sur le fort potentiel de notre diaspora ;
Placer les TIC ou cœur de notre développement

En clair, nous devons restaurer nos voleurs sociales, Retourner à la base parce que la démocratie c’est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. C’est ce que certains ont vite fait d’oublier. C’est aussi pour cela que je suis à Kandi aujourd’hui et non à Cotonou ou à Porto-Novo. Je dis OUI à la candidature parce que je souhaite mettre l’accent sur des réalisations concrètes. Nous devons être pragmatiques. L’éducation par l’intensification de la scolarisation, la mise en place de programme d’alphabétisation professionnalisante en français et la formation continue qui permettront d’augmenter la capacité à l’auto gouvernance et la gouvernance à la base. Je suis l’exemple vivant que là où il y a une volonté, il y a une voie de réussite. Et aujourd’hui, je veux à notre la possibilité de partager mon expérience et promouvoir ainsi une stratégie viable d’auto-emploi. La micro finance est bien, mais les montants alloués doivent être revus à la hausse d’une part et d’autre part il est indispensable de mettre en place un système pour accompagner, former les bénéficiaires au besoin. Je souhaite alors une micro finance ACCOMPAGNEE. Nos villages et nos villes n’ont pas ou manque d’électricité, je suis partisan de solutions adaptées qui sont l’association des énergies alternatives et renouvelables et les grandes centrales. L’avantage de ces technologies, c’est de permettre au plus grand nombre de découvrir la " lumière" et cela sans dégrader notre environnement.


KOUAGOU M’Po Cyr

 

Investi le 06 février 2011 au stade municipal de Natitingou comme candidat aux présidentielles, l’ancien Directeur général de la Communauté électrique du Bénin (Ceb) Cyr M’Po Kouagou se veut l’homme du Bénin profond. Cette candidature « nuisible » pour tous ceux des candidats qui lorgnent sur les voix du Nord, n’a’ pas tardé à soulever mille et une polémiques sur sa gestion passée de la CEB ; une gestion jugée catastrophique. Un confrère de L’AUTRE FRATERNITE s’interroge même : « Est-ce que Kouagou Cyr M’po veut transposer à la tête du Bénin toute sa mauvaise gestion de la CEB ? La question se pose. Mais ce que sa candidature a de bon c’est qu’elle offre l’occasion d’étaler sur la place publique toute la liste des casseroles qu’il traîne. Il faut dire que ses adversaires politiques (dont le président Yayi Boni), ont eux aussi, choisi de frapper le candidat là où ça fait mal, c'est-à-dire, sur sa gestion de la CEB.

 

LAGNIDE Christian Enock

 

Si les présidentielles n’avaient pas un caractère citoyen, républicain et sérieux, on aurait pu se moquer ouvertement de la candidature de Christian Lagnidé, hommes d’affaires prospère, patron de la chaîne de télévision LC2 et éphémère ministre sous Mathieu Kérékou. Très affuté dans l’art de saisir les bonnes opportunités, il a cet indéniable avantage de savoir frapper aux bonnes portes et de tenir à ses idées, toujours plus nombreuses et fructueuses. Il a choisi, lui, de s’adresser aux 77 communes du pays dont il a invité les maires pour leur parler espèces sonnantes et trébuchantes. 300 milliards de francs cfa, c’est le montant annuel qui leur sera alloué tous les ans. Et Christian Lagnidé de préciser que ce n’est pas de l’argent à rechercher, mais à utiliser, parce qu’il est déjà là. Globalement, sa candidature peut être interprétée comme la conséquence d’une prise de conscience qui voudrait que pour être toujours plus fort dans les affaires, il ne faut pas être faible en politique.

 

SINZOGAN Jean Yves


Jean Yves Sinzogan est né le 6 décembre 1960 à Cotonou. Statisticien-Economiste de formation, il a fait toutes ses études au Bénin Il a passé environ 15 ans de sa carrière directement au service de son pays, en particulier au Ministère des Finances et de l’économie, puis au siège de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), à Dakar et au siège de la Commission de l’Uemoa à Ouagadougou Marié, il est père de cinq enfants. Il est originaire de Ouidah. Voici ce qu’il déclarait au Matin sur la politique qu’il compte mener s’il était élu :

« D’abord, je ne suis un politique au sens où cela est communément admis. Je veux amener au peuple béninois une nouvelle manière de diriger le pays qui puisse nous conduire de manière réaliste au développement. Je suis d’accord qu’on ne peut pas se passer de la politique pour diriger un pays, c’est impossible. Je pense aujourd’hui, voyant ce que nous avons fait depuis 50 ans, qu’il faut que le politique puisse se mette au service du développeur. Si la politique développait un pays, je crois que nous serions le pays le plus développé au monde. Il faut passer du politique à la politique de développement. Le pouvoir qui est train de finir est passé du développement à la politique ; ce qui a fait qu’il a déçu toutes nos attentes. C’est ce que je propose et c’est cela que le Béninois attendait, il y a cinq ans. Je veux impulser avec mon équipe, une autre façon de gérer les affaires du pays avec compétence et honnêteté, une manière qui permet à la personne au pouvoir d’apporter le maximum à ses concitoyens. J’aime mon pays, mes frères et sœurs béninois tels que nous sommes. On dit souvent que le Béninois est assez complexe. Chaque peuple a ses qualités et ses défauts, ses forces et ses faiblesses et il faut savoir capitaliser les forces et même les faiblesses pour arriver au développement ».
(Le Matin)


ILS ONT CHOISI LEUR CAMP…

Le Parti Libéral Réformateur (PLR) de François-Xavier Loko, s’est rallié à Kessilé Tchalla, candidat à l’élection présidentielle de mars 2011. La déclaration officielle de soutien a été faite le weekend écoulé à Porto-Novo en présence des militants du parti.

 

« Un parti réformateur ne saurait rester indifférent aux multiples défis à relever, ni se croiser les bras croisés face à une échéance d’une telle importance. C’est pourquoi nous devons opérer un choix, celui que nous estimons le plus proche de notre aspiration à la rénovation. Nous ne nous tairons plus comme en 2006 où aucun candidat n’en valait la peine. Heureusement parmi les candidats de 2011, il y en a un qui semble incarner nos idéaux. Il s’agit du Docteur Kessilé TCHALA SARE. Les raisons de notre choix : En dehors de plusieurs autres raisons, notamment l’orthodoxie et la rigueur liées à sa profession et la conduite sociale et l’éthique qu’on lui connaît dans son expérience gouvernementale, six (06) raisons fondamentales nous poussent à porter notre choix sur cette personnalité. La première : lI s’agit d’un homme nouveau. Pour le PLR, la rénovation politique est devenue le plus cher des combats depuis que le bilan de cinquante années d’indépendance de notre pays s’est traduit par une déception totale. Pour nous au PLR, il ne s’agit plus de continuer ou de reprendre avec les mêmes pour que ça recommence, mais de franchir le cap de la rénovation politique pour instaurer un nouveau leadership ».

Ils soutiennent Yayi Boni

Contrairement au Président Mathieu Kérékou qui a toujours refusé la toile d’araignée de la lourde machinerie des partis politiques, Yayi Boni est aujourd’hui soutenu par deux partis ; il s’agit du FCBE Force (Cauris pour un Bénin émergent) et l’UMPP (Union pour une Majorité Plurielle) dont Mme AdjaI Sika qui vient d’atterrir dans le camp ABT, fut membre fondatrice. Quel est le poids réel de ces deux

formations ? Selon certains de mes confrères, ces deux structures, l’UMPP plus que le FCBE ressemble de plus en plus à une tête qui commence à se dégarnir.

Tombé entre temps en disgrâce, Alexandre Hountondji a finalement trouvé grâce aux yeux de Boni Yayi. Albert Tévoedjrê et Julien Kpoviessi, président du parti national ‘’Ensemble’’.

 

Ils soutiennent Abdoulaye Bio Tchane

Le choix de madame Adjai Sika de voter Abdoulaye Bio Tchané conforte l’idée selon laquelle, les militants d’un parti ne sont pas des moutons qui suivent aveuglément les consignes des responsables. En effet, l’UNDP (Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès), le parti de l’ancien Président Emile Derlin Zinsou (aujourd’hui dirigé par Jean-Claude Codjia) est un parti de courants divers qui s’expriment sans faire exploser le socle idéologique qui réunit ses membres. Lorsque l’UNDP a tourné le dos au FCBE (Force Cauris pour un Bénin émergent du président Yayi Boni), certains de ses ténors ont choisi de soutenir la candidature d’Adrien Houngbédji, d’autres se tenaient prêts à accompagner Joachim Dahissiho au cas où il serait candidat aux présidentielles.

Ali Houdou, ancien ministre, présent à la cérémonie d’investitute d’ABT

Soulé Mama Lawani fut le ministre des Finances de Yayi Boni, l’homme de confiance, l’ami personnel qu’il consultait à propos des grands problèmes et projets de l’Etat. Suite en particulier à la scandaleuse gestion de l’affaire Cen-sad, il quitta le gouvernement dans le discrédit, s’engouffra dans un long silence qu’il rompit par un mémorandum qui laissa certains dubitatifs, même si l’homme jouit en général d’une bonne réputation auprès de l’opinion publique. Pour lui, il n’y a pas d’équivoque ; il faut chasser Yayi Boni du pouvoir.

Kamarou Fassassi choisit enfin Abdoulaye bio Tchane Le parti « PRD Nouvelle Génération » basée surtout au sud du pays a jeté son dévolu sur le candidat de la coalition ABT 2011 pour la présidentielle 2011, Abdoulaye

L’événement, eu égard à son caractère solennel, va enregistrer la présence de certains ténors tels que les Députés Gnigla Venance, Valentin Houdé, les membres du groupement ABT VALLEE-Ouémé et surtout la contribution de leur président Prosper Doumakpé qui serait parrain de l’événement. Au cours de l’entretien avec le président du PRD Nouvelle

L’union fait la nation : l’armada des gros cubes

En se faisant le candidat de l’Union fait la Nation, Adrien Houngbédji a réussi une prouesse, tant les hommes qui lui ont cédé la place d’être dans les starting-blocks sont des cadors qui rêvent depuis toujours de la Marina ou des jeunes loups aux dents bien longues comme Lazare Sohoueto et Lehady Soglo qui ont le temps de voir venir. Certes, l’ancien président Nicéphore Soglo n’est plus dans la course (critère d’âge oblige), mais il a fallu qu’Adrien Houngbédji mette toute son intelligence politique à rechercher et obtenir une spectaculaire réconciliation avec l’homme qui lui tient rancœur
Mention spéciale à vous aussi, Président Séfou FAGBOHOUN, Président Léhady SOGLO, Président Antoine Idji KOLAWOLE, Président Lazare SEHOUETO, Président Séverin ADJOVI, Président Dansou Dossa, Président Jean-claude Codjia, Président GNIMAVO, Président ALIA, Président AGOUA sont donc avec Adrien Houngbédji. Tous unis pour bouter Yayi Boni dehors, mais après ? Chacun sera-t-il récompensé pour son soutien ? Et de quelle manière ?

Ils sont résolument contre Yayi Boni totalement pour Adrien Houngbédji : Edgar Allia, Gaston Zossou, Séfou Fagbohoun. Les députés du G13, Edmond AGOUA et Sacca FIKARA, rejoignent l'Union fait la Nation (U.N.)

 

 Les grands leaders politiques entourant Adrien Houngbédji

 

 

Ils ont quitté Yayi Boni

La preuve, des gens comme Késsilé Tchalla sont hors circuit. Les députés Edgar Alia, Janvier Yahouédéou, André Dassoundo, Amissétou Affo Djobo, Samou Adambi, Wallis Zoumarou et bien d’autres ont quitté les rangs très déçus.


Le président Yayi Boni a fait beaucoup de déçus dans ses rangs. Si certains de ceux qui le défendaient becs et ongles lui ont tourné le dos en se gardant de le critiquer avec virulence, d’autres ne cachent pas leur volonté de faire la fête quand il aura perdu. Wallis Zoumarou, un vieux de la vieille, André Dassoundo, Janvier Yahouedéou, Amissétou Affo Djobo sont de ceux-là. N’oublions pas Samou Adambi et le très volubile Edgar Allia dont la nomination comme ministre de l’Intérieur en étonna plus d’un.

Qui aurait pu imaginer le sort qui fut celui du ministre Késsilé Tchalla, chassé du gouvernement comme un malpropre ? Il est de notoriété publique au Bénin que l’ancien ministre fut l’un des grands artisans sinon le plus grand artisan de la victoire de Yayi Boni en 2006.

A en croire un chroniqueur, un des plus grands vuvuzela deYayi Boni s’était brusquement tu. Edgar Guidigbi souffrirait-il d’une interminable extinction de voix ?

 

LES CANDIDATS ET LA DIASPORA

Adrien Houngbédji s’adresse à la diaspora

Nous avions sollicité – entre autres – le candidat Adrien Houngbédji pour savoir quelle sera sa politique vis-à-vis de la diaspora. Dans une réponse succincte, il nous a répondu ce qui suit : « Au même titre que l'Union africaine considère la diaspora africaine comme la 6ème région du continent, je crois que nous devons considérer la diaspora béninoise comme le 13ème département du Bénin. Cela vous donne une idée du rôle important que je souhaite donner à la diapsora dans le développement de notre pays. Je vous renvoie à mon programme détaillé qui sera disponible avec l'ouverture de la campagne officielle.

Debout pour un Nouveau Départ.
A.H

Dans une adresse à la diaspora béninoise, voici ce que disait le candidat Houngbédji :
« Je voudrais exprimer à l’endroit de nos compatriotes de la diaspora, Un message de reconnaissance et de gratitude pour l’importante contribution qu’ils apportent au le rayonnement de notre pays au plan régional, sous régional et international. Je sais combien ils aiment notre pays, je sais combien chacun d’entre eux a à cœur d’y retourner et c’est pour cette raison que mon gouvernement veillera à leur accorder une assistance à la réinstallation lorsqu’ils auront la volonté et le désir de retourner au pays.
Cette assistance à l’installation se manifestera notamment par les dispositions qui seront prises pour leur faciliter l’acquisition de biens et la construction de leurs résidences à leur retour au Bénin. Je sais combien ils ont la volonté et le désir d’investir dans notre pays. Je ferai donc constituer des bases d’informations pour qu’ils soient en permanence informés des opportunités d’investissement qui existent dans notre pays. Le Bénin, notre pays, constituera désormais, une base de données des compétences de la diaspora pour permettre à nos compatriotes, d’exercer leurs différentes activités, tant dans les pays où ils se trouvent qu’au niveau des institutions internationales. Enfin parce qu’ils sont Béninois, et que rien de ce qui est béninois ne leur est étranger, je ferai les efforts nécessaires pour qu’ils soient intégrés à tous les processus électoraux qui se dérouleront dans notre pays (présidentielles, législatives et mêmes locales). Le rêve que nous partageons, c’est celui d’un bénin uni et prospère à l’intérieur, respecté et admiré à l’extérieur. Pour que ce rêve se réalise, avançons.

Extrait du programme de la candidate Marie-Elise Gbèdo :


Sources de Financement
• Le secteur privé participera étroitement à la formation professionnelle des ressources humaines que constitue la jeunesse. Avec le Conseil National du Patronat et la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin, un système de formation professionnelle du secteur privé sera mis sur pied comme principal mécanisme de qualification des ressources pour l’industrie, l’agriculture et le commerce en général.
• Nous favoriserons l’existence de ces écoles en exonérant les entreprises qui les soutiennent du paiement d’une partie des impôts qui devraient être versés à l’Etat.
Mobilisation des fonds des béninois de l’extérieur, estimés à 120 milliards de francs cfa en 2009, soit 3,6 pour cent du Produit Intérieur Brut (PIB), ces fonds constituent la deuxième source de financement extérieur du pays. L’intérêt porté aux transferts de fonds vient du fait que contrairement à l’Aide Publique au Développement (APD) et l’Investissement Direct Etranger (IDE), ils ont la particularité d’être des transferts privés sans contrepartie, moins volatiles, donc plus stables et fiables.
• Budget National : 20%
• Mise en place d’un plan de retour des médecins de la diaspora pour éviter les évacuations sanitaires coûteuses pour l’Etat.


Yayi Boni avec tous les Béninois

« Comme vous l’avez constaté ces derniers temps, de partout, des dizaines de milliers de voix se sont exprimées pour solliciter ma candidature au prochain scrutin. Il s’agit notamment d’initiatives individuelles, mais plus souvent de démarches collectives, provenant d’associations et de mouvements de la société civile et de partis politiques, regroupant des citoyens et des citoyennes de notre pays, disséminés sur l’ensemble du territoire, du sud au nord et de l’ouest à l’est, de même que des Béninois vivant à l’extérieur.
Je reconnais ici des hommes et des femmes de toutes origines ethniques, politiques, religieuses et de toutes catégories sociales. Je reconnais aussi de dignes représentants de nos compatriotes résidant à l’extérieur, qui défendent les couleurs de notre Patrie de par le monde et qui participent avec efficacité à la création de la richesse nationale. Je vous félicite tous pour votre grande mobilisation, témoignage éloquent de votre confiance et de votre amour pour la patrie. Je prie Dieu de vous bénir, de bénir notre rassemblement et de nous inspirer dans l’intérêt de notre peuple ». (Yayi Boni – déclaration de candidature)


PLR et Kessilé Tchalla : même vision

Le Parti Libéral Réformateur (PLR) de François-Xavier Loko, s’est rallié à Kessilé Tchalla, candidat à l’élection présidentielle de mars 2011. Pourquoi ? Réponse de François-Xavier Loko :
« Il répond à notre appel à la diaspora : Dans notre aspiration à la rénovation politique, nous avions préconisé que la diaspora a un rôle important à jouer, celui de constituer un « corpus » de compétences et d’expériences issu des pays dont nous avons l’habitude de copier les textes sans pouvoir les mettre en œuvre de manière conséquente. Nous avons besoin que ceux qui ont su se forger une carapace dans ces milieux viennent se joindre aux compétences avérées restées sur place pour mettre un terme à l’arbitraire qui règne en maître et inhibe nos efforts de développement. C’est dans ce cadre que le PLR a lancé en fin d’année 2010, un appel à la diaspora pour son apport dans le développement de notre pays. En portant ainsi le choix sur le Docteur Kessilé TCHALA SARE, nous demeurons dans la logique de notre appel. »

 

MAÎTRE ROBERT DOSSOU
PLUS DANGEREUX QU’IMPORTANT ?

 

Maître Robert Dossou, l’une des deux chevilles ouvrières de la grande conférence des Forces vives de la nation de 1990 est aujourd’hui à la tête de la Cour constitutionnelle. Longtemps restée dans l’ombre de la République, cette institution est désormais prise au sérieux depuis que celle de la Côte d’Ivoire a brutalement inversé les résultats des présidentielles ivoiriennes. Robert Dossou serait-il devenu un futur faiseur de roi quel que soit les résultats des urnes ? Certains le craignent déjà, surtout dans le camp de l’opposition ou un député, Eric Houndété lui attribue déjà une éventuelle défaite de son camp. Devenu l’espoir des uns et la cible des autres, Robert Dossou surfe sur la neutralité républicaine que certains s’évertuent à lui rappeler. Mais l’éminent juriste est au cœur d’une tempête dont on ne fait qu’apercevoir les premiers signes. Qui se passera-t-il si Adrien Houngbédji, candidat de l’Union fait la Nation l’emportait ? Rien de plus que les véhémentes protestations de la mouvance présidentielles qui évoquera sûrement, bourrages des urnes et autres fraudes. L’ancien avocat s’installera au palais présidentiel. Si la Cour constitutionnelle annonçait le résultat au contraire la victoire de Yayi Boni à un ou deux points, on assistera à un séisme dans le landernau politique béninois. Tout simplement parce que, pour Adrien Houngbédji qui va à grands pas vers ses 70 ans, c’est en 2011 ou jamais. Après 70 ans, la Constitution ne lui permettra plus de se présenter. Quand on voit qu’il a aujourd’hui, le soutien actif d’hommes politiques comme Bruno Amoussou, Fagbohoun, Sévérin Adjovi, Lehady Soglo ou Lazare Sohouéto, on n’imagine pour l’UN que le fameux slogan du camp Gbagbo avant les présidentielles ivoiriennes : « La victoire ou la victoire ». Alors, à quel destin socio-politique les partis politiques béninois préparent-ils leur pays ?

Fut membre du FCBE, le parti présidentiel en 2007


Aujourd’hui, il affirme n’être l’ombre de personne alors que beaucoup l’invitent gentiment à s’en référer à l’honneur de son rang et de sa réputation.


L’homme est désormais de le collimateur, tant dans celui de l’opposition impatiente que dans celle d’une société sociale au sein de laquelle il compte amis et admirateurs et qui, de ce fait, ne souhaiterait pas le voir fléchir devant tel ou tel intérêt.
Souvenons-en ! Lors des élections présidentielles de 2001 ou Mathieu Kérékou fut déclaré vainqueur au premier tour, Robert Dossou avait publiquement parle des « miracles de la Copur ». Aujourd’hui qu’il y ait, on attend qu’il trouve le mot exact qui exprime le contraire du mot miracle.

 

 

POLEMIQUE


Avant de revenir sur l’ensemble des candidatures, il nous a paru utile de ne pas cacher notre inquiétude face à la trop grande imminence de cette échéance électorale et des dangers qui guettent la jeune démocratie béninoise dont certains actes, certaines manœuvres, certains propos laissent à penser que le pays est en train de glisser dangereusement vers l’intolérance, les violences et les coups tordus. Aussi, avions-nous choisi de vous faire le document qui suit. Il s’agit de la lettre ouverte adressée le 19 janvier dernier par Jean-Roger Ahoyo (l’ancien ministre du président Nicéphore Soglo) au peuple béninois et à deux membres du Conseil constitutionnel : le professeur Théodore Holo et maître Robert Dossou qui en est le président. Afin de ne pas en compromettre la cohérence, nous vous la livraison dans son intégralité.


LETTRE OUVERTE

Chers amis et compagnons de lutte, vous aurez raison d’être étonnés que je vous écrive, et surtout, que je donne à ma lettre un caractère ouvert. Je vous dois donc, dès l’entame, une explication que je me dépêche de vous donner.

1. Pourquoi une lettre ouverte ?

En effet, j’ai pris l’initiative de vous rencontrer l’un et l’autre récemment pour échanger avec vous sur les prochaines échéances électorales et pour vous faire part de mon inquiétude quant au rôle de la Cour Constitutionnelle dans le processus électoral. Pourquoi donc une lettre ?

1.1 La nécessité d’un courrier

Deux raisons m’ont déterminé à vous adresser ce courrier :

1.1.1 D’abord la décision du Conseil des Ministres du 07 janvier 2011 de convoquer le premier tour de l’élection présidentielle dès le 27 février 2011 ; l’élection des députés étant fixée au 17 Avril 2011. Du 07 janvier au 27 février, le décompte donne 47 jours, alors que la CENA n’est pas encore installée, et que la loi n°2010-33 du 07 janvier 2011 précise en son article 14 que : « Les membres de la Commission Electorale Nationale Autonome sont désignés, pour chaque échéance électorale, cent trente (130) jours minimum avant le mois durant lequel le scrutin a lieu ». Une question vient tout de suite à l’esprit : Le délai de 47 jours est – il suffisant pour organiser des élections sincères, transparentes, et apaisées ?

1.1.2 Par ailleurs, les quotidiens du mardi 11 janvier 2011 (Le Matinal n°3518 page 15, et la Presse du Jour n°1306 pages 6 et 7) ont donné les chiffres des exclus de la LEPI. Leur nombre tend déjà vers 1,5 millions de Béninois, en attendant d’ajouter les exclus des quatre (4) départements du Septentrion.
Ce délai très court (le tiers de celui prévu par la loi !) et ce nombre exorbitant d’exclus, ont transformé mon inquiétude en angoisse.

1.2 Pourquoi rendre public ce courrier ?

La tournure que prennent les évènements et l’importance des échéances électorales annoncées m’obligent à sortir du cadre d’un échange courtois entre amis, pour prendre l’opinion publique à témoin. Je sais d’avance que cela ne vous vexera pas parce que vous êtes des démocrates convaincus et que vous n’avez rien à cacher des points de vue que vous m’avez exposés l’un et l’autre.
Maintenant, il me reste un second préalable à remplir avant de vous rappeler mes arguments. Pourquoi vous deux, sur une Cour de sept membres ?

2. Pourquoi vous deux ?

Fondamentalement, parce que nous avons toujours milité ensemble. Cela a créé entre nous une sensibilité politique commune que nous avons appelée « la Gauche Démocratique » en 1979, à l’occasion de l’Assemblée Générale des Cadres.

2.1 D’abord Robert

Tu es rentré au Lycée Victor Ballot en 1952 avec feu mon frère Samuel AHOYO.
Quand je vous ai suivis en 1954, vous étiez déjà amis. Cela a facilité nos relations, qui se sont approfondies pendant les cinq (5) années que nous avons passées ensemble au Lycée Victor Ballot. C’est à ce moment que nous avons fait ensemble l’apprentissage de la démocratie, à travers nos grèves de lycéens, dont la célèbre « bataille du gésier » qui fait sourire certains. Tu as été même le responsable du Lycée une année ! C’est dire qu’il y a longtemps que tu joues les premiers rôles !

2.2 Avec Théodore

Nous avons, comme tu le sais, d’abord des relations de famille : Ta maman a un ancrage dans ma maison paternelle ; elle est en effet la sœur de mon oncle Adjâha ALAOU. Et je n’ai pas oublié la grande mobilisation des miens, depuis Hounli à ABOMEY jusqu’à COTONOU, quand nous avons organisé une veillée funèbre pour elle, en l’Eglise Saint-Michel, lorsqu’elle nous a quittés en 2009 !

2.3 Mais fondamentalement, nos relations se sont développées, dans la durée, dans le cadre du militantisme dans l’AEED, l’UGEED et le FEANF ; militantisme poursuivi sur le terrain, à notre retour au pays, dans le cadre de nos Organisations de Jeunesse (RAJEMO pour Robert, FILOGNON pour Théodore et moi) regroupés au sein du Comité Inter – Jeunesse (C.I.J).

2.4 Dois – je ajouter que nous avons, tous les trois, fait partie du gouvernement du Président Nicéphore Dieudonné Soglo pour travailler avec lui à asseoir le Renouveau Démocratique ?
Tout cela crée des liens très forts qui fondent mes raisons de m’adresser à vous aujourd’hui, dans le cadre de cette lettre ouverte pour vous redire mes arguments, sur fond d’angoisse.

3. Le sens de ma démarche

Quand je vous ai rencontrés, je ne vous ai pas caché que je milite pour l’Alliance politique l’UNION FAIT LA NATION (U.N).

3.1 Le respect de vos fonctions respectives

Je sais que vous êtes tous les deux membres de la Cour Constitutionnelle et Chefs d’Institution (Président de la Cour Constitutionnelle et Président de la Haute Cour de Justice).
Je n’ai donc pas la naïveté de croire que je pourrais vous faire quitter la position de neutralité qui est censée être la vôtre.

Je connais suffisamment la personnalité et le caractère de chacun d’entre vous pour ne pas tenter pareille aventure, vouée d’avance à l’échec.

3.2 Une lourde responsabilité
Mais je sais aussi que, en votre qualité de Membres de la Cour Constitutionnelle, vous avez une lourde responsabilité par rapport aux prochaines échéances électorales. Il dépendra de vous, et des autres Membres de la Cour, qu’elle se déroule dans le calme et la transparence.
C’est pourquoi j’ai décidé de vous approcher en ami, pour vous dire ma part de vérité sur quelques points que je juge essentiels

4. La Cour Constitutionnelle actuelle

4.1 Son installation

Elle a eu lieu fin février début mars 2008, et a été marquée par la précipitation. Lisons ce qu’écrit le quotidien « La Presse du jour » n°0603 du Mercredi 27 février 2008 page 3, sous la plume de G.A. : « Même le Président de l’Assemblée ne pouvait pas avoir d’argument pour expliquer cette précipitation. Les membres des CEA ne sont pas désignés. La Haute Cour de Justice attend depuis des mois ses nouveaux membres parlementaires et, contre toute attente, c’est la Cour Constitutionnelle, dont le mandat arrive à expiration dans quatre mois, qui devient une préoccupation. Cela paraît trop gros pour ne pas susciter dégoût. » Fin de citation.

4.2 Ses membres

Le quotidien « Le Béninois Libéré » n°522 du Mardi 04 Mars 2008 donne la liste des nouveaux membres de la Cour Constitutionnelle à la page 03 :
- Membres proposés par le Président de la République : Robert Dossou, Robert Tagnon, Clémence Yimbéré Dansou
- Membres proposés par l’Assemblée Nationale : Théodore HOLO, Bernard Dossou DEGBOE, Marcelline C. GBEHA AFOUDA et Zimé Yérima KORA – YAROU.

A la même page, dans l’article « Yayi a réussi un hold up » dont le seul titre en dit déjà long, le journaliste Aboubakar Takou a fait le développement suivant : « Robert Dossou, Robert Tagnon, Clémence Yimbéré Dansou, Théodore Holo, Degboe Bernard Dossou, Marcelline C. Ghèha Afouda, Zimé Yerima Kora Yarou voici les 07 lieutenants de Boni Yayi, tous FCBE bon teint, qui siègeront à la Cour Constitutionnelle. Ainsi Boni Yayi a réussi à se garantir sa réélection en Mars 2011 … La précipitation dans laquelle la désignation est intervenue en dit long sur les intentions du Chef de l’Etat, et les circonstances de la désignation des 04 du Parlement aussi. Il faut retenir que 03 membres du Bureau de l’Assemblée n’auraient pas assisté à ce qu’ils qualifient de mascarade. En effet, Antoine Dayori, Joachim Dahissiho et Saka Fikara, n’ayant pas eu gain de cause dans la proposition de programmation faite à Nago pour la désignation des 04 membres du Parlement à la Cour, ont déserté le festin du diable. » Fin de citation.

Mais restons dans le même journal, à la même page, pour lire sous la plume d’Eric More, ce qui suit : « Un coup de force de plus de Boni Yayi et pas des moindres. Comme d’habitude, serait – on tenté de dire, le Chef de l’Etat n’a eu aucune difficulté apparente pour procéder à la nomination des sept juges de la Cour Constitutionnelle parce qu’en réalité celle des juges émanant du Parlement porte son estampille. » Fin de citation.

Si on remonte deux semaines plus tôt, on peut lire dans « Le Pays » N°00307 du vendredi 05 février 2008, à la page 3, sous la plume de Valère D. Medegnonwa un article intitulé : « Présidence de la Cour Constitutionnelle. Deux candidats pour la majorité présidentielle ». Dans son développement, le journaliste cite deux noms, deux juristes : Maître Dossou Robert et Madame Sévérine Lawson.
S’agissant de cette dernière, le journaliste aligne trois arguments qui font d’elle le candidat préféré de la mouvance présidentielle :

- L’argument genre : Elle est une femme, comme Elisabeth Pognon et Conceptia Ouinsou,
- Elle a du courage : Pour avoir fait le réquisitoire de ses collègues magistrats impliqués dans les dossiers de frais de justice,
- Elle a fait du bon travail comme Agent judiciaire du Trésor.


Quant à Maître Robert Dossou, il écrit ce qui suit te concernant : « Des exemples du Kenya et de la Côte d’ivoire sont assez édifiants affirment nos sources, pour positionner à la tête de la Cour Constitutionnelle des personnalités rompues à la tâche et assez neutres sur le plan politique. Et c’est d’ailleurs l’argument principal qui milite contre Maître Robert Dossou pour présider aux destinées de la Cour Constitutionnelle. Des observateurs le trouvent trop engagé aux côtés du Chef de l’Etat, ce qui n’est d’ailleurs pas une mauvaise chose. Mais cela pourrait amener des adversaires politiques du Chef de l’Etat à trouver des prétextes, des arguments faciles pour contester le verdict des urnes. » Fin de citation.

Effectivement, mon cher Robert, aux législatives qui ont suivi les présidentielles de mars 2006, tu étais candidat dans le Mono sur la liste FCBE !!!
On peut résumer ces longues citations en quatre phrases :
4.2.1 Les trois membres de la Cour nommés par le Gouvernement sont les Hommes du Président Boni Yayi,
4.2.2 Les quatre autres désignés par l’Assemblée Nationale l’ont été par un Bureau croupion (réduit à 4 membres), au moment où la Mouvance Présidentielle contrôlait l’Assemblée. Comme l’écrit Eric More, ils portent l’estampille du Président Boni Yayi,
4.2.3 Le Président de la Cour ainsi constituée, était candidat sur une liste FCBE !
4.2.4 Le Chef de l’Etat, en réussissant le « coup de force » (sic) de remplir la Cour de sept (07) de ses lieutenants FCBE, s’est garanti une réélection en Mars 2011 !
Au total, l’actuelle Cour Constitutionnelle a été installée dans la précipitation et est remplie des hommes de Boni Yayi. Voilà son péché originel.
Qu’en est – il de vos décisions ?

5. Les décisions de la Cour

Une étude systématique des décisions de la Cour, même par le profane non – juriste que je suis, révèlerait aisément que la très grande majorité de ces décisions vont dans le sens des désidérata du Gouvernement. De temps en temps, et pour faire bonne mesure, vous prenez quelques décisions pour ramener le Gouvernement sur le droit chemin.

5.1 J’ai été particulièrement frappé par le jeu de ping-pong entre la Majorité actuelle de l’Assemblée Nationale et la Cour : Chaque fois que cette Majorité vous a soumis une proposition de loi, elle a été, presque systématiquement cassée par la Cour, à la demande des Députés de la Mouvance Présidentielle.

5.2 Les cas les plus récents concernent les lois électorales, générales et particulières. Après plusieurs rejets ou casses, c’est tout récemment que la Cour a fini par les adopter. D’où le retard que nous observons actuellement dans l’organisation des élections.

5.3 Robert a dit, avec raison probablement pour certains cas, que l’Assemblée fait exprès de glisser dans ses propositions, des dispositions contraires à la Constitution, à la seule fin d’aboutir à un rejet qu’elle exploite ensuite politiquement contre la Cour !

Comme nous sommes en politique, je n’exclus pas ce jeu. Il s’en suit donc que le retard observé n’est pas imputable à la seule Cour. Mais à ce jeu l’Assemblée a réussi à installer dans l’opinion l’image d’une Cour aux ordres !

5.4 Théodore m’a surpris par une question toute bête : As-tu lu la décision dont tu parles et la loi à laquelle elle fait référence ? Comme je n’avais rien lu, j’ai reçu avec humilité sa leçon sur la bonne démarche intellectuelle. Mais je lui fais observer ici et maintenant, comme je l’ai fait observer à Robert que la plupart des Béninois font comme moi : Ils ne lisent pas vos décisions pour deux raisons : Elles sont souvent trop longues et sont rédigées dans un « jargon » juridique qui rebutent les non spécialistes.

5.5 Les Béninois ne lisent pas en intégralité vos décisions, mais ils n’hésitent pas à les juger ! Le paradoxe ne joue pas en votre faveur, mais vous êtes obligés de le prendre en compte, d’une manière ou d’une autre.

5.6 Le résultat des courses, c’est que vous prenez des décisions, qui sont rarement lues, mais qui vous font apparaître comme les hommes du pouvoir en place.
5.7 C’est pourquoi j’ai proposé à Robert de trouver, au niveau de la Cour, un système de communication pour mieux vous faire comprendre.
Mais la Cour ne prend pas que des décisions. Aux termes de l’article 117 de la Constitution du 11 Décembre 1990, elle est aussi Juge électoral.


6. La Cour et les élections

Ce n’est pas moi qui vous dirai le rôle central de la Cour dans l’organisation des élections. Elle intervient dans la validation de la liste électorale comme dans la gestion du contentieux.


6. 1 La liste électorale

Votre cour s’acharne à faire de la LEPI la liste électorale pour les prochaines élections. C’est ici que je vous invite à la plus grande vigilance.

6.1.1 Votre argument, que vous partagez tous les deux, est que la LEPI constituant une avancée sur le plan du droit, on ne peut plus prendre une loi pour revenir en arrière !

6.1.2 Mais, tout en faisant observer que tout dépend des circonstances, j’affirme qu’en l’occurrence il ne s’agit pas de revenir en arrière. Il s’agit de constater que les conditions dans lesquelles la LEPI est en train d’être réalisée ne sont pas idéales : saisons des pluies dans le Sud de notre pays, dysfonctionnements divers, grèves du personnel … etc

6.1.3 Il s’en suit de nombreux ratés qui ont entrainé de nombreuses exclusions. Leur nombre, s’agissant des seuls départements du Sud de notre pays, tend déjà vers 1,5 millions d’électeurs potentiels. Cf le paragraphe 1.1.2

6.1.4 Il sera difficile, voire impossible d’organiser les élections, si la LEPI n’est pas corrigée pour prendre en compte tous ces exclus.

6.1.5 L’opinion attend la cour à ce tournant décisif. Si vous validez une LEPI tronquée, vous mettrez le pays à feu et à sang.

Mais l’opinion ne vous attend pas seulement au tournant de la LEPI; elle attend aussi la Cour sur sa gestion du contentieux électoral.

6.2 Le contentieux électoral

Sa gestion constitue un autre temps fort de l’organisation des élections. Je m’en vais vous rappeler deux précédents à éviter à tout prix :

6.2.1 L’élection présidentielle de mars 1996

Vous n’avez pas oublié que la Cour Constitutionnelle de l’époque a invalidé plus de 400.000 voix du Président sortant, Nicéphore Dieudonné SOGLO. Le résultat de cette manœuvre (car s’en était une ! ) a été l’élection du Président Mathieu KEREKOU, avec seulement quelques 100.000 voix de plus que SOGLO !!! En l’occurrence, la Cour s’est substituée au peuple béninois pour lui élire son Président. Ce Président est resté dix ans au pouvoir, avec les résultats que vous savez. Depuis 1996, SOGLO n’a jamais cessé de parler de hold up électoral et de Cour des miracles pour désigner la Cour Constitutionnelle. Comment ne pas reconnaître qu’il a raison sur toute la ligne !!!

6.2.2 Le résultat « miraculeux » de 1996 a fait courir une méchante rumeur sur les membres de la Cour. Ils auraient perçu, pour prix de leur « forfaiture » des…. milliards de francs CFA !!! A mon interlocuteur bénévole, j’ai posé une seule question : A Mon cousin, le professeur Maurice AHANHANZO GLELE, a-t-il perçu, lui aussi, cet argent sale ?

6.2.3 Vous aurez à souffrir des mêmes soupçons, comme notre doyen Maurice a eu à en souffrir. Je crois en votre intégrité personnelle à tous les trois ; mais vous n’êtes pas sans savoir le rôle dévastateur que joue désormais l’argent, partout en Afrique, pour dénaturer et altérer les résultats des élections ! Ce n’est pas à la fin de vos parcours, aussi brillants l’un que l’autre, que vous compromettrez vos renommées, solidement établies, par des comportements douteux !!!

6.2.4 Mais lorsqu’on sait que l’argument préféré et usuel du Président Boni Yayi, c’est l’argent (quelque part, ce Monsieur pense qu’on peut tout acheter avec l’argent !) on ne peut pas résister à la tentation de vous mettre en garde.

6.2.5 Dans notre pays où la répartition du corps électoral est connue, avec 65% au Sud et 35 % au Nord, je vous invite à imaginer le scénario suivant : la LEPI laisse en rade plus d’un million d’électeurs du Sud ; et la Cour Constitutionnelle taille dans les croupières du candidat de l’UN en invalidant plusieurs centaines de milliers de ses voix comme en 1996. Le résultat sera de toute évidence la réélection du Président Boni YAYI. Je vous garantis d’avance que votre Cour n’arrivera pas à gérer ce résultat, car il déclenchera immédiatement une crise sociale violente pouvant déboucher sur une guerre civile. Je suis convaincu d’avance que ce n’est pas cela que vous voulez !

6.2.6 Plus près de nous, en Décembre 2010, la Cour Constitutionnelle de Côte d’Ivoire a sévi en invalidant les voix du candidat Dramane OUATTARA dans sept (7) régions du Nord et en proclamant, dans la foulée, la victoire du Président Sortant, Laurent GBAGBO. Ce faisant, elle a ouvert une crise politique grave dont l’issue peut-être une guerre civile dévastatrice.

6.2.7 Je vous invite instamment à méditer ces deux exemples pour vous en écarter résolument. Ils montrent, à suffisance, le caractère crucial, voire dangereux, du rôle de la Cour Constitutionnelle.

6.2.8 Ce caractère dangereux s’exacerbe dans les périodes électorales qui sont des périodes de fortes tensions sociales dans nos pays africains en apprentissage démocratique.
Au cours de nos rencontres, je vous ai rappelé, pour illustrer la dangerosité de votre situation, le cas du Vice-président de la Cour Constitutionnelle du Sénégal, Maître SEYE, assassiné le 15 octobre1988, après la démission du Président de la Cour ! Je prie les mânes de nos ancêtres pour que notre pays ne connaisse pas de pareilles extrémités prochainement.
J’ai tenu à vous envoyer cette lettre malgré ma rencontre avec chacun d’entre vous, à cause de nos liens qui sont forts ; mais surtout pour rassembler et vous exposer mes arguments, pour m’assurer ainsi de n’en oublier aucun.

Il me plait de conclure en vous rappelant ce que vous savez déjà, à savoir la place et le rôle de la Cour Constitutionnelle. Ses attributions sont définies par les articles 114, 117, 118, 119, 120,121 et 123 de la Constitution du 11 Décembre 1990 qui font d’elle :

- Le juge de la constitutionnalité des lois
- Le garant des droits fondamentaux de la personne humaine et des libertés publiques
- L’organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics
- Le juge électoral
- L’arbitre des conflits d’attribution entre les institutions de l’Etat

En résumé, elle est gardienne de la Constitution et la cheville ouvrière dans l’édification de l’Etat de droit.
Votre rôle à tous les deux est central dans la Cour telle qu’elle est composée. Il vous crée des obligations et responsabilités particulières.

Vous m’avez promis d’appliquer ce que j’appelle le principe de BATINDER : Oubliez donc le Président qui vous a nommés et dites le droit. Oubliez le Président Boni YAYI pour le bien et la paix de notre pays.

Je vous renouvelle, pour finir, mes vœux de Bonne et Heureuse Année 2011. Je nous souhaite à tous, courage et lucidité pour affronter les échéances électorales qui approchent.

Très amicalement, voire fraternellement J.R. AHOYO

 

 

REPONSE D’ALAIN AKOHA
A JEAN ROGER AHOYO

Cher Grand-Frère,
Grande a été ma surprise de lire votre lettre ouverte à deux illustres membres de notre cours constitutionnelle. J’ai souvent admiré vos prises de positions mais pour cette fois vous êtes passé à côté. Votre lettre appelle de ma part les observations suivantes :

1- Vous n’avez pas à révéler au grand monde les rencontres privées que vous avez eues avec des gens occupant des fonctions aussi sensibles en ce moment très sensible de notre démocratie.

2- Le chiffre de 1,5 millions de Béninois exclus de la LEPI ne provient ni de la MIRENA ni de CPS-LEPI mais des VOUVOUZELAS de l’UN dont vous êtes très proche et relayé par la presse. Un professeur de votre rang ne peut pas se prononcer de cette manière sur les chiffres communiqués par un groupe politique à la recherche du pouvoir d’état.

3- Vous rappelez aux béninois à travers des articles de journaux que les sept membres de la Cours Constitutionnel sont des FCBE bon teint. Je vous demande d’indiquer aux Béninois, l’article de la constitution qui interdit cela. Dans tous les pays du monde, l’exécutif cherche toujours, et de manière démocratique à contrôler les institutions qui lui faciliteront la gestion de son mandat. Le Bénin ne peut pas se soustraire à cette règle, n’en déplaise au Professeur Jean-Roger AHOYO.

4- Vous vous inquiétez du délai trop court dont nous disposons pour organiser les élections. C’est dommage mais la cause c’est vos amis. Ils ont voté la loi qui autorise la LEPI, l’exécutif s’en est servi pour obtenir l’engagement des partenaires techniques et financiers, chemin de non retour. Ils ont même réussi à placer un des leurs pour diriger la CPS-LEPI. Erreur, il ne sait que bavarder, jouer du TAM-TAM, manger comme un gamin indiscipliné du CI de l’arachide dans l’hémicycle et menacer de mettre Cotonou à feu et à sang au détour d’un débat parlementaire. Résultat, il a été éjecté après nous avoir perdu un peu de nos précieux temps pour réussir la LEPI. Ensuite, commence le dilatoire au parlement par une opposition qui voit le mal partout, qui peint en noir tout ce qui n’est pas fait par elle. Tout le temps qu’elle à mis en proposant des lois abrogatives de la loi sur la LEPI a été du temps perdu, du temps qui nous aurait servi à faire à temps cette LEPI et bien.

5- Vous mettez en garde le Professeur Théodore HOLO et Maître Robert DOSSOU contre la validation d’une LEPI Tronquée, ce qui entrainerait selon vous, la mise à feu et à sang du Pays. Professeur, vous êtes à la limite ridicule. Vous parlez comme les ténors d’un parti politique que vous avez rejoint sur injonction de sa présidente au risque de perdre votre poste ministériel que vous occupiez dans le gouvernement SOGLO. Quand on a porté la nouvelle au président du RAP dont vous étiez membre fondateur, il a dit ceci «cela ne m’étonne pas de lui». Le jour où vous deviez faire la réunion à Akpakpa pour décider de votre ralliement à ce grand parti, un de vos camarades, en occurrence mon frère aîné a eu l’amitié de m’en parler. Je lui ai dit ceci, «Grand-frère, si vous rentrez dans ce parti, vous perdrez tous vos postes que vous vouliez sauvegarder, et pis, vous risquez de perdre votre audience politique dans notre Zou natal». Je ne suis pas un prophète mais les résultats sont là.

Professeur, ce n’est pas la Cours Constitutionnelle qui validera la LEPI mais c’est plutôt l’opposition qui l’a déjà fait. Sinon comment comprendre que les membres de l’opposition qui ne ratent aucune occasion pour dénoncer la LEPI précipitée, pourrie et tronquée, sont les premiers à se faire enrôler. Dans le même temps, sur le terrain, toutes les manœuvres étaient bonnes pour empêcher sa réalisation dans le temps :
a) Ils ont infiltré l’équipe d’enrôlement. Résultat, la dénonciation tout azimut du matériel défectueux, le non-paiement des perdiems, l’abandon exprès de certaines maisons, voire des quartiers entiers…
b) Ils ont infiltré l’équipe des opérateurs de saisie des données collectées, résultat, mauvais enregistrement des données …
Après tous ces actes de grands sabotages dont la correction nous a coûté du temps, on ne peut pas se plaindre de délai court pour faire les élections. Les Béninois ont fait la conférence nationale en 10 jours. Il n’y a pas eu d’égale en Afrique pour ce record. Nous rééditerons cet exploit pour les élections présidentielles et législatives de 2011.
Professeur, j’observe que depuis 2006, vous tenez à payer une dette que vous devez à un éternel candidat des élections présidentielles. Les béninois ignorent le montant de cette dette et les conditions de son contrat. Alors essayez de rembourser votre créancier sans emballer vos concitoyens dans une psychose de guerre civile imaginaire. Si au soir de votre vie vous désirez vivre une guerre civile, voyagez en Côte-d’Ivoire, on s’y prépare activement.
Je ne suis membre d’aucun parti politique, ni d’un mouvement quelconque, je suis un citoyen ordinaire, mais très observateur de la vie socio-politique de mon pays.
Très fraternellement votre jeune frère de Djidja Alain H. AKOHA.