EDITO

Où en est la Charte ?

Où   en   est   la Charte de la diversité en cette fin d’année 2011 ? De l’avis  unanime de ceux qui  suivent   l’évolution de  ce  contrat social pour la diversité   en   entreprise,  le bilan  –  six    ans   après  sa création  –  est  plutôt mitigé. Dans   quelle   mesure   les entreprises signataires (dont un  certain  nombre  dans  le Nord-Pas-de-Calais) ont-elles    effectivement      lutté contre les discriminations ? Quelles places ont été faites aux séniors, aux handicapés, aux femmes,   aux   minorités visibles,  aux   jeunes   dans leurs entreprises ?
Sur    les   deux    dernières années,   32 %   des entreprises   signataires  ont honoré  leurs  signatures  en 2011 contre 24 % seulement en 2010. Si monsieur Claude Bébéar,    l’ancien   président d’AXA   et  co-fondateur de la Charte  n’est pas  totalement satisfait  de   cette   avancée, c’est parce que, sans nier les progrès intervenus depuis sa création, il   voit  trottiner une locomotive à la place du TGV dont   il   avait  rêvé en 2005.
Si      ces     entreprises communiquent largement sur la signature    de    la Charte, c’est par contre silence radio sur   les   actions   concrètes découlant de leurs engagements.    La   récente parution   du   livre   de   Kag Sanoussi,  secrétaire général de   la  Charte de la diversité (« Le réflexe Sapiens ») nous    permettra   de revenir bientôt   et   largement  sur la question.

Dave Wilson (Novembre 2011)


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SOS LOGEMENTS ETUDIANTS !



La grande loterie ?


 




Trouver un logement, c’est le rêve de chaque étudiant. Le problème est encore plus préoccupant pour les étudiants étrangers qui n’ont pas de la famille sur place. Parfois, cette situation est vécue par certains étudiants, comme un drame. Ainsi, le mercredi 25 août au CROUS de Lille, un étudiant marocain se lamente, supplie, puis finit par fondre en larmes. Trouvera-t-il à temps un logement pour étudier dans la sérénité ? La seule branche à laquelle il s’agrippe désespérément, c’est le Service International du CROUS de Lille devant lequel il campe obstinément. Aux dires des étudiants ayant assisté à la scène, ce type de désarroi est d’autant plus exceptionnel que la question du logement n’est presque jamais abordé au tout dernier moment comme dans le cas de cet étudiant venu d’Afrique du Nord et dont la fragilité psychologique en avait surpris plus d’un. Comme nous le verrons plus loin, la solution au problème du logement étudiant s’adapte à chaque situation, selon qu’il s’agisse d’un ancien ou d’un nouveau, d’un thésard ou d’une première année, d’un boursier ou d’un non boursier.

 

Comme le montre le tableau ci-dessus (tiré d’une étude du Pôle universitaire Lille Nord-Pas-de-Calais – Observatoire Régional des Etudes Supérieures), le nombre des étudiants étrangers en France, va croissant. Alors qu’il augmentait de 9 à 13 pour cent entre 1999 et 2003, ce taux est brutalement tombé à 4, puis 3 pour cent à partir de 2004. Signe d’une diminution remarquable des étudiants africains dans les universités du Nord-Pas-de-Calais et de l’Hexagone en général. Les chiffres, depuis 2007 ne devraient pas dépasser les 4 pour cent d’augmentation à l’année. Mais, augmentation ou pas, la question du logement demeure et tous les ans, entre août et novembre, c’est le parcours du combattant.

Face à la capacité d’accueil limitée du Crous, la priorité est donnée chaque année aux boursiers du gouvernement français et à ceux des gouvernements étrangers. Viennent ensuite, les étudiants relevant des accords passés entre les Crous et les établissements d’enseignement supérieur et les étudiants étrangers confiés aux œuvres universitaires par l’Agence EDUFRANCE chargée de promouvoir et de développer en coopération avec l’enseignement supérieur, les échanges internationaux et la culture française dans le monde. La priorité est enfin donnée aux étudiants inscrits en doctorat, Master 2, naturellement « dans la limite des places disponibles.

Quand on n’est ni boursier d’état, ni inscrit en doctorat ou n’appartenant pas au programme de mobilité européenne et d’échanges interuniversitaires, il est normal de s’attendre au parcours du combattant du logement étudiant.

Parc de logements étudiants, priorités en matière de logements, étudiants-boursiers, dépannage des dossiers hors-délais, logements pour étudiants handicapés, les logements hors Crous… Telle est la substance de l’entretien que nous a accordé Christian Vanhaecke, le 5 octobre au Crous. Christian Vanhaecke est l’inamovible directeur du service international du Crous.

 


CHRISTIAN VANHAECKE


« Les étudiants étrangers c’est une grande richesse culturelle »


(Reportage au Crous de Lille : Dave Wilson et Ibrahim Sy Savané)

 

A Lille et autour de Lille, le CROUS dispose de 1500 logements et plus. Déjà attribués ?
Le nombre total de logements Crous de Lille, avoisine les 9500 logements sur l’ensemble de l’académie avec – bien sûr – une grande partie qui est concentrée sur la métropole lilloise. Puisque si on prend le campus de Lille1, Mons-en-Barœul, Triolo… on arrive à plus de 6000 sur la métropole

Tous attribués ?
Quasiment tous attribués. Sur ces 9500 logements, il y a un certain nombre de logements en travaux ou en cours de rénovation qui viennent diminuer sensiblement le parc. Mais il y a des bâtiments qui vont être remis sur le marché prochainement. Par exemple le Gallois l’a été cette semaine (150 logements). Prochainement, Bas-Liévin qui se trouve à Lille est une résidence qui va rouvrir un 2e bâtiment qui était en travaux. 150 logements également.
Il y a des fluctuations liées à tous les travaux, à toutes les rénovations qui sont faites et puis, il y a des logements qui peuvent avoir été rendus, mais qui nécessitent encore de petits travaux avant d’être remis aux nouveaux étudiants. Sinon, globalement, à cette époque-ci de l’année, on se trouve dans le moment où le taux d’occupation est le plus important.

On dit que le Crous garde toujours quelques studios de dépannage et qu’il faut savoir insister.
L’intérêt du Crous, c’est aussi l’intérêt des étudiants. Il y a aussi l’intérêt économique. Plus on aurait des logements qui ne seraient pas occupés, plus notre équilibre financier serait mauvais. Et dans le même temps, on aurait des étudiants qui seraient mécontents. Ce qui peut arriver c’est que par moments, des logements soient mis en attente d’être livrés. Un exemple. On a à peu près chaque année, 600 boursiers étrangers à gérer. Il y a parmi eux à la fois, des boursiers français (des boursiers de la coopération) et des boursiers de certains Etats qui ont signé une convention avec la France, ce qui est le cas du Gabon par exemple. A cette époque-ci de l’année, il y a des étudiants qui vont arriver du Gabon ou d’autres pays qui vont être sous notre responsabilité parce que boursiers du Crous (payés donc au niveau de l'agence comptable du Crous) ; On les attend et si on veut les loger, il faut bien qu’il y ait des chambres mises de côté pour eux. Sinon, on ne laisse pas des logements inoccupés par plaisir. Sachant qu’il y a, depuis une dizaine d’années, phénomène nouveaux, à savoir qu’il y a de plus en plus d’étudiants qui tournent. Soit, certains partent en stage ou vont dans d’autres types de logements sans oublier ceux qui arrivent en cours d’année pour des stages. D’où une modification du comportement des étudiants. On n’a plus, comme c’était souvent le cas, des étudiants qui restent 10 ou 12 mois sans bouger. Il faut que nous aussi on s’adapte à ce type d’étudiants mouvants

Des étudiants étrangers qui ont tellement peur de dormir sous les ponts, qu’ils craquent ici au Crous… Comment gérez-vous d tels cas ?
Dans l’académie de Lille, il y a 154 000 étudiants. Il y a 9500 chambres au Crous. Il faut savoir que du côté du Dossier social Etudiant (DES), c'est-à-dire des étudiants qui peuvent être étranger avec l’un des parents en France ou étranger de l’Union européenne et qui ont au moins, un an de séjour en France. Tous ces étudiants-là, peuvent faire une demande de logement via le DES. Faut compter, dans ce canal-là, 20 000 étudiants à peu près, donc 20000 demandes pour environ 6000 places. Pour ce qui concerne le service international, cette demande a explosé il y a une dizaine d’années. Il y a une dizaine d’années, on avait à peu près 1700 demandes et l’année dernière autour de 4300 demandes. La demande a pratiquement été multipliée par trois. Pour ces 4300 demandes, on a fait à peu près 3400 propositions de logements. En sachant que les étudiants étrangers sont entre 14000 et 15000 sur l’ensemble de l’académie, on peut considérer que la réponse qui est apportée par le Crous, elle s’est nettement élargie par rapport à une dizaine d’années. Si on regarde le DES, la demande a plus de chance d’aboutir quand on est un étudiant relevant de l’international.

Et les étudiants qui ne peuvent être logés par le Crous ?
Lorsqu’il y a des étudiants qu’on ne peut pas loger, on les dirige vers le logement en ville. Il y a aussi des foyers et des associations qui mettent en place ce qu’on appelle des logements intergénérationnelles où des personnes âgées vont proposer des logements à des étudiants de manière gratuites en contrepartie d’un certain nombre de services. Une dernière chose sur laquelle je voudrais insister, on a mis en place, pour la première fois cette année, à Camus à Villeneuve d’Ascq, et à Mousseron sur Valenciennes, (pour la partie qui va de septembre à décembre), des chambres d’accueil immédiat pour trois nuits qui sont offertes aux étudiants qui relèvent de l’international à leur arrivée. Sous réserve que les cinq places soient disponibles. Ça ne résout pas tous les problèmes, mais ça permet à un étudiant qui vient d’arriver, qui est fatigué après des heures en avion, d’avoir une solution provisoire d’hébergement. Après ces trois nuits, il pourra être logé par le Crous ou être orienté vers un hébergement de passage en résidence ou on pourra lui donner des pistes pour un autre logement.

Avez-vous des priorités en matière de logement ?
Oui, il y a une série de priorités qui sont d’ailleurs définies par une lettre-circulaire du CNOUS (notre organisme de tutelle). Compte-tenu de la lettre et des pratiques, nous reprenons quasi systématiquement des étudiants qui avaient été logés l’année précédente. Il y a donc un grand nombre d’étudiants qui vont être repris l’année suivante s’ils le souhaitent.

Même quand ils ont doublé ?
Oui, même quand ils ont doublé. Il y a juste là une limite d’âge qui a été fixée à la fois à l’entrée et à la sortie, c'est-à-dire qu’un étudiant de plus de 35 ans, même s’il a été en résidence, ne peut plus rester pour un renouvellement, sauf si l’étudiant est en phase de rédaction de thèse, s’il n’a plus que quelques mois pour soutenir sa thèse, on peut lui accorder une dérogation.
Un étudiant qui ne rentre pas dans le cadre des priorités, mais qui se trouve être par exemple en perdition, peut voir son cas examiné de façon particulière par le service social du Crous et s’il y a une nécessité de l’admettre en résidence,

Dans quelle limite tenez-vous compte des vœux des étudiants ?
L’intérêt du Crous doit rejoindre celui de l’étudiant. On ne fait pas par plaisir, le contraire de ce que demande un étudiant. Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que les étudiants changent plus qu’avant. Il y a un étudiant qui commence dans un endroit quelques mois plus tard, il veut aller ailleurs, dans un autre type de logement ; les mouvements sont beaucoup plus fréquents qu’avant. Bien sûr, on essaie d’adapter la nature du logement à la demande de l’étudiant et aussi un peu à la nature des études suivies ; si on un étudiants en licence 3 et un thésard pour deux chambres, on donnera le type 1 au thésard et la chambre à la licence 3. On peut donc aussi tenir compte du parcours de l’étudiant.

Un étudiant lillois dont les parents vivent à Lille a –t-il des chances d’être logé par le Crous ?
C’est possible. Un étudiant peut habiter à deux kilomètres de l’université et s’il est par exemple en désaccord avec ses parents et souhaite vivre en résidence, le Crous le logera. Il y a une multitude de situations.

Quel sort réservez-vous aux dossiers qui arrivent hors délais ?
Il y a la demande tardive de celui qui était déjà là et qui réveille quand il veut et qui pensent que les démarches administratives, c’est quand on a le temps. Cela complique notre travail. La demande tardive pour vous, à un moment donné, c’est une place vacante, mais à partir du moment où l’étudiant réapparait, elle n’est plus vacante. Il y a maintenant, celui qui arrive de l’étranger et qui fait une demande tardive. Avec celui-là, on essaie, plus qu’avec celui qui est sur place, de trouver une solution ; car il a peut-être été confronté à des problèmes de billets d’avion, des difficultés pour l’obtention du visa etc.

Le Crous dispose-t-il de chambres aménagées pour des étudiantes à mobilité réduite ?
Bien sûr. Dans la plupart des résidences, on a ce type de logements et c’est suivi par le service social du Crous. C’est le cas des chambres père-mère. Lorsqu’on n’a aucune demande venant d’étudiants ayant des problèmes de santé, on attribue les logements à ceux qui attendent d’être logés, sachant qu’un étudiant qui prend un logement dit « père-mère » doit savoir que cette occupation est temporaire. Il s’engage à changer de logement lorsqu’un étudiant présentant un problème de santé se présentera. Ce type

Pour le logement en ville, le Crous fait-il le relais entre les étudiants et les propriétaires ?
Il y a, à l’intérieur même du Crous, juste l’étage au-dessous, un service de logement en ville qui détient un fichier de propriétaires privés qui cherchent des étudiants. Le Crous les oriente en fonction naturellement de leurs budgets et des zones choisies par l’étudiant. Ce que je retiens, c’est que les étudiants étrangers, ils ne sont pas toujours très mobiles. Ils veulent toujours un logement qui soit très proche de l’université. Quelquefois, on a des propositions de logements qui peuvent être intéressantes financièrement, mais qui sont un petit peu plus éloignés. Si on voulait, tout le monde demanderait Villeneuve d’Ascq et Lille. Je n’hésite pas à le dire aux étudiants : « n’hésitez pas à aller un peu plus loin ». Parce que c’est souvent un peu moins cher que le cœur de la ville, mais le réseau de transport de la métropole permet de faire des parcours dans des conditions satisfaisantes.

Chaque communauté dispose ici d’une association. Travaillez-vous aussi avec de telles associations ?
Pas seulement sous l’aspect du logement. Notre contact avec les associations est permanent. Je vous parlais des chambres mises à dispositions des étudiants étrangers pour trois jours gratuites, eh bien tous les responsables d’associations ont été mises au courant de ce dispositif ; ce sont souvent sur eux que reposent les problèmes liés à l’arrivée, à l’accueil, voire aux démarches pour l’installation des nouveaux étudiants. Mais sur le plan culturel aussi, on essaie de pousser les étudiants à monter des projets (une soirée avec un orchestre par exemple, un concert, une manifestation avec vidéo etc.). On l’a fait avec des étudiants guinéens, sénégalais. Souvent on fait en sorte que le restaurant universitaire mette au point, un menu adapté à la soirée. On a même un dispositif qui s’appelle « Culture-action » qui peut financer ces projets sur la culture sénégalaise, sut un conteur malien, mais on peut aussi imaginer que des associations d’étudiants étrangers montent des manifestations en rapport avec les difficultés de nouveaux arrivants etc. Ça, ça manque un peu.

Qu’est-ce qui est fait concrètement pour faire bouger les étudiants ? Doivent-ils réagir par eux-mêmes ? Existe-t-il des relais ou des actions pour les stimuler ?
On a monté un dispositif de l’amélioration de l’accueil des étudiants. Cela fait trois ans maintenant. Ça porte en gros sur trois grands axes pour les étudiants étrangers. Premièrement, le système de chambre dont j’ai vous ai parlé tout à l’heure ; deuxième, un système de tutorat, d’étudiants référents qui sont à Valenciennes, Lille 1, Lille 3, à Béthune et qui ont fondé des permanences dans les résidences. Ils sont donc des relais pour nous et sont donc à l’écoute des étudiants étrangers pour les différents problèmes qui se posent à eux. Ils nous font des fiches d’intervention chaque fois qu’ils rencontrent un étudiant, ils doivent le diriger, soit vers l’assistante sociale, soit vers le Crous. Troisième point, on va dire, connaissance de l’environnement et des cultures. On fait par exemple des visites guidées de Lille. On va emmener les étudiants à Douai, à Valenciennes, à Dunkerque et on organise aussi dans ce cadre-là, des repas-cultures, c'est-à-dire qu’on offre un repas à un étudiant étranger qui peut lui-même être accompagné d’un étudiant français. Ils viennent en binôme on pourrait dire. A chaque fois, ça fait une centaine d’étudiants et à la fin du repas, il y a une manifestation culturelle. Ça peut être un concert, une pièce de théâtre. L’idée de faire venir l’étudiant pour le repas est doublé de la volonté de lui faire assister à la manifestation culturelle qui va suivre le repas. D’où l’intérêt que j’ai d’être à la fois, responsable culturel et responsable du service international avec l’idée de combattre l’isolement de certains étudiants étrangers. C’est aussi à nous de tout faire pour rompre cet isolement en les aidant à entrer en contact avec d’autres personnes. Pourquoi les étudiants étrangers ne deviendraient-ils pas les propres acteurs des manifestations culturelles ? Ils peuvent, eux aussi, construire des projets culturels. Venir parler de ce qui se passe chez eux. Je pense comme ça à un réalisateur de films, au festival de cinéma de Ouagadougou, le Fespaco. Certains ont déjà fait des choses, mais ce n’est pas suffisant compte-tenu du potentiel d’étudiants que nous avons et qui nous vient de partout. C'est une grande richesse dont pourrait profiter aussi les étudiants qui sont demandeurs des cultures d’ailleurs.

Des conteneurs pour logements, qu’en pense le Crous de Lille ?
C’est avant tout un problème de construction qui concerne plus la direction du Crous. Je crois que toutes les solutions doivent être examinées parce qu’il nous faut bien plus de logements que nous en avons aujourd’hui.

Cela fait combien de temps que vous êtes à ce poste ?
C’est fait précisément 28 ans. Si j’avais été miné par la routine, je serai parti depuis. Je pense que c’est plutôt une grande richesse pour moi. Les étudiants étrangers m’ont beaucoup apporté dans un sens de connaissance du monde et d’ouverture. Dans l’administration, c’est difficile, je crois, de trouver la même chose ailleurs. Ici, on a une multitude d’étudiants étrangers. Quand on me demande de parler des étudiants étrangers, je demande lesquels. Ce que je retiens, c’est qu’il n’y a pas un étudiant mais des étudiants étrangers. Ils viennent de pays différents, de continents différents. Ils sont de cultures différentes et de tous âges. Certains sont en première année, d’autres sont en thèse. Certains ont 19 ans et d’autres 29 ans. Nous, au Crous, on doit répondre de manière uniforme, mais on essaie le plus possible de s’adapter aux situations qui se présentent. Tout ce monde, c’est une incroyable richesse culturelle.

Un livre sur ce long parcours un jour ?
Je pense même avoir déjà trouvé le titre. Ce serait, « Le monde dans…. » (Nous laissons le titre de Mr Vanhaecke secret afin qu’il ne soit pas capté au passage).


ALGERIE, MAROC ET CHINE EN TÊTE

La situation est-elle devenue à ce point critique qu’il faille recourir aux conteneurs, détournés de leur usage habituel, pour loger les étudiants ? Au Havre, disposés autour d’un patio et montés sur une ossature métallique, ces nouveaux logements n’ont pas été critiqués par les premiers occupants qui les ont même trouvés agréables à vivre, bien insonorisés et équipés d’une connexion Wi-Fi. En termes de superficie, les conteneurs offrent aussi aux étudiants, 5 m2 de plus que dans les studios en dur des cités universitaires, soit 25 m2 contre 18. Situés au premier, deuxième et troisième niveau, certains de ces conteneurs exhibent fièrement balcons et baies vitrées.
A Lille, en demandes de logements au Crous, les trois premières nations sont l’Algérie, le Maroc et la Chine. Viennent ensuite en ordre décroissant, le Sénégal, la Tunisie, le Gabon, la Guinée, le Cameroun et Madagascar.

 

David Kader Atchadé


Le Crous m’a logé


« Des problèmes de logement, j’en ai eu à mon arrivée à Lille. J’avoue n’avoir, à aucun moment, imaginé que je pouvais me trouver dans cette situation où, certains jours, on se demande où on va passer la nuit. Moi, à l’époque, j’avais eu le soutien de monsieur Razak Oba, vice-président de l’ARBF, l’association des ressortissants béninois en France et de monsieur Faustin Aïssi. C’est grâce à eux que j’ai pu trouver un logement au Crous ; logement que j’ai intégré – je m’en souviens encore – le 16 décembre 2005. Je suis bien placé pour dire que la solidarité existe, mais, n’est-ce pas seulement entre ressortissants d’un même pays ? ».

 

Ibrahim Sy Savané

Grâce à mes cousines de Lille

Aviez-vous eu des problèmes de logement quand vous êtes arrivé à Lille?

Non, je n’ai eu aucun souci pour me loger parce que j'ai eu la chance d'avoir mes cousines sur place à Lille.

Elles vous ont dépanné, le temps de bien vous loger ?
Non, elles m’ont plutôt aidé à trouver un appartement. Je n’ai donc pas eu à me préparer vraiment pour ce problème de logement. Beaucoup d’étudiants étrangers sont logés par le Crous. Moi, ce n’était pas mon cas.

A votre avis, existe-t-il un esprit de solidarité pour aider les nouveaux étudiants à se loger?
Je ne crois pas vraiment qu'il y est un élan de solidarité en ce sens...si c'est le cas, je n'en ai pas bénéficié et je n'en ai jamais entendu parler et en ce qui concerne la communauté ivoirienne du Nord-Pas-de-Calais je n'en ai jamais bénéficié. Les nouveaux étudiants sont livrés à eux-mêmes. Dans la recherche de logement s'ils ont la chance de connaître quelqu'un sur place c'est tant mieux pour eux, sinon va commencer un vrai parcours du combattant dans la recherche de logement. On est sans se douter qu'il n'est pas facile pour un étudiant de trouver un appartement, mais encore faut-il trouver une personne qui va se porter caution. Je pense qu'au sein des différentes communautés africaines du Nord-Pas-de-Calais, il y a des efforts considérables qui sont faits mais nos frères et sœurs souffrent pour trouver des logements à Lille. (Propos recueillis par R. Oba)