DOSSIER 1
LA SAGA DES INDEPENDANCES AFRICAINES
(Par Dave Wilson)
L’Afrique noire francophone
De la loi cadre à l’indépendance
Bénin, la fièvre de l’indépendance
La « Loi-cadre » répondait à une question capitale : fallait-il transmettre le pouvoir d'autonomie interne aux territoires issus des découpages administratifs coloniaux ou bien, fallait-il ne l'octroyer qu'aux deux grands ensembles qu'étaient l'AEF (Afrique Equatoriale Française) et l'AOF (Afrique Occidentale Française)? L'autonomie sera donc accordée aux territoires et non aux fédérations. Le contenu du projet divisa d'ailleurs les leaders africains eux-mêmes, de Félix Houphouët-Boigny (ministre d'Etat du gouvernement de Monsieur Guy Mollet et partisan de la "territorialisation" à Léopold Sédar Senghor. Au Dahomey, un conflit virulent opposa Sourou Migan Apithy à Justin Tometin Ahomadégbé le fédéraliste. Une motion présentée par Paul Hazoumé est alors adoptée par l'assemblée territoriale. Toute idée d'un conseil de gouvernement à l'échelon fédéral qui se superposerait aux exécutifs locaux est rejetée. Le cadre est désormais propice à la mise en place des diverses stratégies devant conduire à ce que les leaders politiques et syndicaux n'appelaient pas "autonomie", mais "indépendance". La loi-cadre de Gaston Defferre est adoptée le 23 juin 1956 et ses décrets d'application, le 4 avril 1957.
Le 1er août 1960
Au Dahomey où l’indépendance du Ghana (le 7 avril 1957) a fait naître de grands espoirs dans les milieux politiques, la fièvre monte. Les partis se déchirent lorsqu’a lieu le référendum constitutionnel du 28 septembre 1958 que les Dahoméens – contrairement aux Guinéens de Sékou Touré – approuvent massivement (9246 NON pour 418.963 OUI). Le pays confirme ainsi son adhésion à la Communauté préconisée par le Général de Gaulle. L'Assemblée territoriale opte pour l'Etat de droit interne et proclame la République. C'est alors que la question relative à la création de la Fédération du Mali divise un peu plus la classe politique locale. Le 17 janvier 1959, 44 représentants du Soudan (Mali), de la Haute-Volta (futur Burkina Faso), du Sénégal et du Dahomey (Bénin) se réunissent à Accra au Ghana. Très vite, le Dahomey et la Haute-Volta quittent l'Assemblée constituante. A Cotonou, ce retrait, approuvé, sinon téléguidé par Sourou Migan Apithy et Justin Tométin Ahomadégbé, n'est pas du goût de personnalités comme Alexandre Adandé et Emile Derlin Zinsou. Le 14 février 1959, l'Assemblée Nationale Constituante élabore la première constitution du pays. Celle-ci se réclame des principes de la démocratie et précise du reste dans son article 4 que : "les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage universel ; sous réserve de l'ordre public, ils se forment et exercent leur activité librement…".
Lors des élections du 31 mars 1957, le PRD (Parti Républicain du Dahomey) de Sourou Migan Apithy domine la vie politique en remportant 35 sièges au Conseil de Gouvernement. Suivent dans l'ordre, l'UDD (Union Démocratique Dahoméenne) de Justin Ahomadégbé avec 7 sièges et le RDD (Rassemblement Démocratique Dahoméen) d’Hubert Maga avec 6 sièges. Ces résultats configurent les trois grandes tendances qui vont marquer la vie politique après l'indépendance. En juillet 1958, nouvelle confirmation pour le PRD qui rafle 53 sièges sur 60.
Le 4 décembre 1958, la République est proclamée. Les élections des 2 et 23 avril 1959 font apparaître un tassement du PRD qui chute à 28 sièges, talonné par le RDD (20 sièges). Immense orateur populiste, Justin Ahomadégbé redynamise l'UDD qui s'offre de nombreux adhérents et sympathisants dans son fief du sud, remportant même les élections aux conseils généraux du 3 avril 1960. Le 14 juin 1960, Hubert Maga – devenu premier ministre du gouvernement territorial le 21 mai 1959 – rend compte à l'Assemblée législative à Porto-Novo, de sa récente visite en France. L'essentiel de son intervention porte sur les conditions de l'indépendance proche. Pour remettre au Général de Gaulle (le 3 juin 1960), la lettre réclamant le transfert au Dahomey de toutes les prérogatives d'un Etat indépendant, Hubert Maga bénéficie des présences de Félix Houphouët-Boigny (Côte d'Ivoire), Hamani Diori (Niger) et Maurice Yaméogo (Haute-Volta). Il s'agit là, des quatre pays du Conseil de l'Entente, crée le 29 mai 1959 dans la foulée des problèmes connus par la Fédération du Mali.
Le pays sent que quelque chose d'historique va se passer. La visite de monsieur Hubert Maga en France constitue le grand tournant vers l'indépendance, un peu

comme s'il était allé à Paris prendre les clés de la nouvelle maison dahoméenne. L'allégresse est partout et les banderoles fleurissent. Souvent à couteaux tirés, les partis politiques semblent avoir enterré la hache de guerre. Les journaux travaillent l'opinion. Le 1er août 1960, le Dahomey accède à l'indépendance et Hubert Maga est élu premier président de la République le 11 décembre 1960, salué par l'Aube nouvelle, l’hymne national.
D. Wilson
Indépendants en 1960


Maurice Yaméogo
Du séminaire à la présidence
En Côte-d’Ivoire, au Togo, au Sénégal et au Nigeria par exemple, les chemins qui ont conduit Félix Houphouët-Boigny, Sylvanus Olympio, Léopold Sédar Senghor et Abubakar Tafawa Balewa au pouvoir suprême dans leurs pays ne sont pas similaires. Mais, le parcours de chacun d’entre eux montre combien, concours de circonstances, persévérance politique, ralliements inattendus ou retournement de veste se mêlent pour ouvrir la voie royale. Voici, de façon synthétique, le cheminement cahoteux mais victorieux de Maurice Yaméogo du Burkina-Faso, celui dont le nom d’origine signifie « il viendra les rassembler ».
Fils de paysan mossi, Naoua Laguemba est né le 31 décembre 1921 (biographie officielle) à Kédougou à une centaine de kilomètres de la capitale Ouagadougou. Huit ans plus tard, il est baptisé et devient Maurice Yaméogo. Il passe alors au prestigieux Petit séminaire de Pabré, mais, « aimant trop les femmes », il ne deviendra pas prêtre comme il l’espérait.
Rentré dans l’administration publique comme « commis expéditionnaire », il épouse Félicité Zagré, « la seule fille noire de Kédougou qui s’habillait à l’européenne ». A partir de 1940, il est affecté à Abidjan où il baigne dans l’univers des « Africains évolués » non Voltaïques, hauts cadres de l’administration. Il faut noter que la Haute-Volta n’existant plus depuis 1932 (partagé entre le Soudan français, le Niger et la côte d’Ivoire), Maurice Yaméogo est élu en décembre 1946, conseiller général de Kédougou à l’Assemblée territoriale de Côte-d’Ivoire. Lorsque Philippe Zinda Kaboré (qui avait pour mission de refaire de la Haute-Volta, un Etat à part entière) meurt brutalement en mai 1947, il se positionne comme son héritier spirituel.
Quatre mois plus tard (le 4 septembre 1947), la Haute-Volta retrouve ses frontières de 1932 et une Assemblée territoriale.
Le chemin sera difficile pour siéger au Grand Conseil Fédéral de Dakar, mais avec l’aide du Père Goarnisson, Maurice Yaméogo arrive au sommet en qualité de grand conseiller de l’AOF (Afrique Occidentale Française) pour la Haute-Volta. A 27 ans, c’est la gloire pour Naoua Laguemba. Mais, deux élections plus tard (législatives de juin 1951 et territoriales de mars 1952), c’est l’échec cuisant. Il rentre dans les rangs, se contentant de son seul titre de commis expéditionnaire.
Soupçonné de sympathie communiste en raison de ses accointances avec le RDA (Rassemblement Démocratique Africain), il est muté dans le désert, à Djibo. Les esprits fins ne le rateront pas : « dans le désert, Maurice fait sa traversée du désert ». Le banni ne revient à Ouagadougou que pour devenir secrétaire adjoint de l’Union Territoriale de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens.
Nouvel échec (avec Pierre Tabsoba) aux législatives du 2 janvier 1956. Même son ami séminariste Joseph Ouedraogo, devenu maire élu de la capitale, lui refuse le poste de de secrétaire général de la mairie.
Plus persévérant que jamais, Maurice Yaméogo adhère en juillet 1956 au parti de Gérard Kango Ouedraogo, le Mouvement Démocratique Voltaïque (MDV). Aux élections du 30 mars 1957, c’est lui qui mène la liste de ce parti à Kédougou. Et, surprise générale, il l’emporte brillamment après un style de campagne inédit, à savoir, des meetings politiques dans les marchés. C’est une réponse cinglante à son éternel ennemi politique, Henri Guissou.
Sur les soixante-dix (70) députés territoriaux, le PDU de Ouezzin Coulibaly en obtint trente-neuf (39), le MDV vingt-six (26) et le MPEA de Nazi Boni, cinq (5). Maurice Yaméogo est nommé ministre de l’Agriculture dans le premier gouvernement local répondant à la Loi-cadre de Defferre.
Suite à de sérieuses tensions dans l’Exécutif, le PDU éclate et Joseph Conombo (dont le parti, le PSEMA : Parti social d’éducation des masses africaines avait fusionné avec le PVD-RDA pour créer le PDU) quitte le gouvernement. Dans la foulée, il reconstitue le PSEMA et, avec un groupe de députés, dépose une motion de défiance contre le gouvernement. La motion est adoptée, mais Ouezzin Coulibaly qui a créé entretemps l’UDV (l’Union Démocratique Voltaïque), s’appuie sur une phrase de la Loi-cadre (« en cas de vote de défiance, le gouvernement peut démissionner ») et refuse de démissionner.
Face à cette crise grave, Ouezzin Coulibaly réussit à attirer Maurice Yaméogo dans son camp. Celui-ci arrive en force avec les députés MDV de Koudougou. L’UDV-RDA reprend des couleurs et Ouezzin Coulibaly qui a dissout le gouvernement, fait du nouvel alliée, le numéro deux du gouvernement du 22 janvier 1958. Maurice Yaméogo est désormais le tout-puissant ministre de l’Intérieur. Lorsque Ouezzin Coulibaly décède le 4 septembre 1958, le ministre de l’Intérieur devient Chef du gouvernement par intérim.
Le 28 septembre 1958, les Voltaïques disent « oui » à la Communauté franco-africaine proposée par De Gaulle. Le 17 octobre, lors de l’élection du successeur d’Ouezzin Coulibaly, la Haute-Volta avait failli basculer dans la monarchie constitutionnelle à cause de l’activisme du Moro Nana Kougri qui avait mobilisé des milliers de partisans. Sentant venir le danger dans ce pays où le Moro Naba est un roi vénéré comme un dieu, Maurice Yaméogo fait repousser l’élection du nouveau président du Conseil au 20 octobre. Ces trois journées d’intenses tractations permettront aux Républicains de repousser le Moro Naba au fond de sa cour. Maurice Yaméogo est élu.
Le 10 décembre 1958, il forme son gouvernement. Le 11, la République est proclamée. Il obtient de l’Assemblée, les pouvoirs spéciaux et dissout la chambre en février 1959. Afin de se donner toutes les chances aux législatives du 19 avril 1959, il fait procéder à un nouveau redécoupage des circonscriptions : scrutin de liste majoritaire dans les zones peu peuplées et proportionnelle dans les zones à forte densité humaine. Résultat, 66 sièges pour l’UDV-RDA et 9 seulement pour le MRV-PRA.
Désormais, Maurice Yaméogo qui a les pleins pouvoirs, forme un gouvernement homogène avec les cadres de son parti où il se trouve renforcé par l’éviction du secrétaire général de l’UDV-RDA, Joseph Ouedraogo. Et, n’ayant jamais oublié l’affront que lui fit cet homme quand il l’avait supplié de le nommer secrétaire général de la mairie, il signe un décret de dissolution du Conseil municipal de Ouagadougou dont le même Ouedrogo était toujours le président. Joseph Conombo est placé à la tête du nouveau comité de gestion de la capitale. Les opposants (dont Gérard Kango Ouédraogo) rallient celui qu’on appelait désormais, « Monsieur Maurice ».
Le 11 décembre 1959, il est élu président de la République et le 5 août 1960, il proclame l’indépendance de la Haute-Volta, futur Burkina-Faso. (DW)

L’Afrique : amêganho-fli
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En dehors des accidents de la vie ou de certains choix non conventionnels, on peut considérer qu’à cinquante ans, un homme responsable, visionnaire et donc soucieux de son avenir, a eu le temps de construire son destin autour des trois grands fondamentaux que sont le travail, la famille et l’héritage qui portera son nom quand il ne sera plus de ce monde.
Est décrié, injurié ou plaint, celui ou celle qui ne travaille pas. Si le chômage est en général, la conséquence d’un manque d’emploi ou d’un plan social, nombreux sont ceux qui font délibérément le choix d’évoluer en marge de la société. A cinquante ans, un homme qui n’a pas mal tourné, qui n’a pas séjourné plus souvent en prison que chez lui, dispose d’une demeure qu’il entretient ; il a de quoi subvenir aux besoins des siens ; il peut se faire soigner ; il a les moyens de se protéger, de se défendre, de se déplacer, de communiquer, de se divertir.
Echec lamentable
Quand ce cinquantenaire a mené délibérément une vie dissolue, qu’il n’a rien prévu, qu’il a dilapidé ses (maigres ?) biens et a vécu au jour le jour dans l’égoïsme le plus absolu ; quand, à l’image de la cigale, il a chanté tout l’été en oubliant que les saisons changent ; quand, à dix-huit ou vingt ans, il a mis la force de sa jeunesse au service de la délinquance pour voler, trafiquer, braquer ou tuer, il est normal qu’il termine sa vie dans le dénuement, si ce n’est la main tendue vers les autres.
Au moment où, les tempes déjà grisonnantes, il doit bénéficier du respect naturel dû à son âge, à son expérience et à ce qu’il a fait de sa vie, on le regarde au contraire de travers, on ricane dans son dos, on se réjouit même de la décadence du « vieux con » ou du « petit vieux » qui quémande, noie sa vieillesse dans l’alcool et le tabac et semble en vouloir à ceux qui ne lui prêtent plus aucune attention. C’est ce vieux monsieur désabusé que plus personne ne respecte que les mina appellent amêganhofli. Décomposé, le mot donne amêgan ou amêganho (adulte). Le mépris sans nom porté à ce type d’adulte se concentre dans le suffixe « fli » qu’on pourrait qualifier en français d’insignifiant, sans épaisseur ni respectabilité. Un adulte qui a lamentablement échoué. En somme, une coquille vide à qui personne ne reconnait le droit de donner des conseils, voire des leçons de morale.
L’Afrique, adulte à 50 ans ?
L’Afrique, bancale et à la traine de 2010, n’est-elle pas à l’image de cet adulte qui a poussé sans vraiment grandir ? Certes, cinquante ans, ce n’est rien à l’échelle du temps qui a vu l’Europe se faire en plusieurs siècles, mais plus les décennies passent, plus la pression démographique et les besoins incitent les Etats africains à bien grandir ; autrement dit, à s’assumer dans les fonctions qui leur feront mériter le nom d’Etat. Car, si les citoyens ont des devoirs, les Etats en ont aussi. A la manière du père qui s’occupe de sa famille, l’Etat protège le peuple et le défend en cas de besoin ; il assure la liberté et la sécurité intérieure ; il crée les conditions d’un déploiement harmonieux des entreprises créatrices d’emplois, assure l’électrification des villes, permet aux populations, l’accès à l’eau potable etc. Afin de ne pas épouser tous les contours de cet adulte sans épaisseur ni envergure, un Etat se doit donc d’être fort et crédible. Etre fort économiquement, sinon structurellement afin de gérer au mieux, afin d’éviter l’évaporation des fonds de caisse, semblable à ce qu’un père de famille responsable laisse de côté pour les périodes difficiles. Un adulte qui n’a pas fait son ou ses devoirs, qui a des difficultés pour vivre et faire vivre les siens, qui ne fait rien pour affronter les pannes incessantes de sa voiture et les huissiers qui lui pourrissent la vie, peut-il se permettre de faire la fête ? Même si ce sont les amis compatissants qui la lui offre, ne devrait-il pas avoir la décence de décliner intelligemment l’offre ?
Les faiblesses du cinquantenaire
Commémorations par-ci, invitations et manifestations par là. Les indépendances africaines sont fêtées à la manière des cris de joie qui consacrent une excellente récolte ou de l’anniversaire qui couronne une excellente année, une belle fortune ou la perspective d’un futur qui s’annonce florissant. Or, l’état peu enviable des économies nationales, l’insuffisance ou l’absence totale d’infrastructures de base, l’inquiétante montée du chômage et de la délinquance devraient inciter plutôt au recueillement et à la réflexion. Comme l’a écrit quelqu’un, c’est cinquantenaire partout et indépendances nulle part.
En effet, quel est l’Etat africain qui a aujourd’hui les coudées franches pour bâtir son économie sans songer à payer d’abord les intérêts de la dette ? Car, l’endettement est partout qui attend fermement les générations futures. Quand donc finiront-ils de se débarrasser de ces dettes qui leur enserrent le cou jusqu’à l’asphyxie pour construire des routes et des autoroutes qui dureront un siècle, des écoles, des centres de formations, des pôles de santé, des trains qui relient rapidement le Sud du Nord et l’Est à l’Ouest ? Tel le père qui ne nourrit pas ses enfants et qui laisse sa maison à l’abandon pour aller admirer celle des autres, l’Afrique ameganhofli, cinquante ans après, éclaire mal son continent, fait boire de l’eau polluée aux populations, peine à payer les bourses, laisse agir les moustiques et les gangsters en cols blancs, mais se montre prompte à utiliser les forces de la nation pour mater, meurtrir et ériger des bunkers pour leurs vieux jours.
Rendez-vous en 2060
Nos états ne sont sûrement pas que des coquilles vides. A l’heure des cinquantenaires, il faut reconnaître à certains groupes (associations, société civile, syndicats, intellectuels non inféodés aux pouvoirs dictatoriaux etc.), le mérite de vouloir faire grandir leur pays en palliant tant bien que mal, les manques plus ou moins criards des gouvernements. Mais, la seule volonté de bien faire ne suffit pas.
Mais, qui donc a décrété que c’est à cinquante ans qu’il faut faire le bilan d’une vie ? Certaines personnes ne croisent le bonheur qu’à soixante-dix ou soixante-quinze ans. Alors, le continent africain a encore le temps de se faire pour ne pas être l’éternel dernier de la classe sur l’échiquier du monde. Nul doute qu’en 2060, lorsqu’il fêtera (dignement ?) ses cent ans d’indépendance, la réalité d’alors démentira notre réflexion d’aujourd’hui. Car alors, nos Etats seront capables d’acheter eux-mêmes des moustiquaires imprégnés aux populations et nos jeunes cadres aux crânes rasés, auront peut-être cessé de chanter à longueur d’années : « nous attendons les subventions de l’union européenne ».
DW


